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Histoire subjective des Dissidents
et de Namasspamouss

La genèse des Dissidents, tel un accouchement, s'est passée dans la douleur. Ça se passait en 1996/1997.
Tous les membres d'origine faisaient partie de la même association de musique, les ateliers Erik Satie.

Cette association regroupait une chorale, un ensemble de flûte à bec, un ensemble de musique de chambre et un groupe de jazz dixieland.
Je jouais de la trompette dans le groupe de jazz et les autres futurs Dissidents chantaient dans la chorale.

Après la répète, mes joyeux compères aimaient se retrouver dans un bar de Caen, les caves Thorel, et c'est là qu'ils ont imaginé créer le groupe. On sent qu'il s'emmerdaient déjà un peu aux ateliers Erik Satie.

1999
les Dissidents en 1999
Ils ont fait appel à moi pour leur filer un coup de main, parce qu'ils ne jouaient d'aucun instrument.
Je me souviens de ce que m'avait dit Eric, l'un des membres : " On a créé un groupe, tu en fais partie. J'étais chargé de te le dire... "

Il fallait néanmoins qu'une dernière aventure survint pour naître totalement: la séparation d'avec les ateliers Erik Satie.

Il y eut la première étape. Lors d'une mémorable engueulade collective, tous les Dissidents furent virés ou quittèrent la chorale avec Fracas.

Le cas de P... est particulier et montre bien le fonctionnement "spécial" de l'association. P... avait signalé qu'il ne serait pas disponible pendant quelques temps pour des raisons électorales, il était candidat aux municipales ou aux législatives, je ne sais plus. De fait, il manqua deux ou trois répétitions. Un jour, il reçut une lettre de renvoi, en recommandé, avec accusé de reception. Il avait rencontré les chefs (un mari et sa femme) le matin même au marché et ils lui avaient rien dit!

Et moi aussi, j'ai fini par me faire virer !

J'en ai retiré deux bonnes leçons,
- la musique doit toujours se faire dans le partage et jamais dans un climat de punition. la meilleure façon de respecter son public, c'est de se faire plaisir.
- il y a des gens vraiment méchants gratuitement et il faut faire attention.
Les Dissidents
C'est en 2003, je crois.
Les Dissidents
En attendant, voici les Dissidents sur les rails.

Au début, nous étions neuf. La première gig, la fête de la musique en 1997, fut un miracle. Le groupe qui passait en vedette, un groupe professionnel, fut eclipsé.
Du coup, on a cru un instant qu'on avait une sorte de feu sacré, et qu'on pouvait tout se permettre. Il a fallu rapidement déchanter. Le métier de musicos, c'est dur, et j'ai connu quelques plantages avec les Dissidents.

Nous avons donc appris à la dure et sans nous ménager. Nous jouiions dans les maisons de retraites, les hôpitaux.

L'effectif a changé au cours des mois autour d'un noyau dur, formé de Jean-Luc, Janie, Eric, P... et moi.

Grâce à P... et à tous ses réseaux, nous avons eu beaucoup de gigs. P... est vraiment un homme public, avec une capacité de communication hors norme.

Il y a eu le meilleur, comme les interventions au festival de l'Art de Donner.
Une fois, nous jouions l'après-midi pour ce festival. Le matin, en prenant ma douche, je glisse et je me casse salement le bras. Bien sûr, pas question de jouer dans ces conditions. Néanmoins, les Dissidents ont assuré la gig avec Manu, guitariste de Clarksdale, venu en renfort impromptu. Du matin pour l'après-midi! La classe...

Le meilleur, c'était cette première partie de Claude Vanony, le comique vosgien, au théâtre d'Hérouville devant 700 personnes.

Il y a eu le pire comme les interventions dans le cadre des rassemblements politiques. C'est vraiment là que j'ai vu le pire public. Par définition, un militant politique est le contraire d'un naïf, il est lent à l'enthousiasme et prompt à la critique. Mais pour apprécier un spectacle des Dissidents, il faut le recevoir comme un petit enfant... Après une mauvaise gig un premier mai, nous avons décidé de toujours refuser le contexte politique.

Eric est parti vivre à St Nazaire pendant quatre ans. Quand il est revenu nous l'avons accueilli à bras ouverts, et c'est comme s'il n'était jamais parti. C'était ça aussi les Dissidents.
Nous avons eu une gig à Brix, avec un magicien et un groupe de Reggae. La gig s'est magnifiquement passée, avec un bœuf.
Nous passâmes ensuite la nuit dans la salle, dans nos sacs de couchages, finissant les restes du banquet.
Un souvenir gigantesque.
Avec les Dissidents, nous avons eu droit à tous les noms!
Les Déjantés, les Desaxés...
Les gens avaient du mal à comprendre ce nom.
C'est le thème de "la chanson des Dissidents".
Nous avons joué pour le championnat de France d'haltérophilie Cadet-Junior.
Nous avons été absolument séduit par ce sport. La compétition était passionante!
La gig s'est ensuite idéalement déroulée et nous avons reçu un trophée d'haltérophilie.
On nous a souvent dit: "ça me donne envie de m'y mettre."
C'est le plus beau compliment pour moi. C'est vrai que les Dissidents ne cherchaient pas le clinquant ou l'esbrouffe, d'ailleurs nous n'en étions pas capables.
Mais nous étions affutés comme des lames et le spectacle était parfaitement rodé.
Les Dissidents en 2003
Le 14 mars 2003, pour l'Association Terre des Hommes
La Caen Pil du Coeur
décembre 2003, la Caen'Pil du Coeur est dans les bacs
Il y a un titre de Clarksdale et deux titres des Dissidents.

La rupture

Début 2004, rien ne va plus chez les Dissidents.
Il y a un décalage croissant entre P... et les autres membres. En ce qui me concerne, la goutte d'eau qui fait déborder le vase, c'est la Caen'Pil du Coeur.
Ce disque regroupe des chansons des artistes qui ont participé au festival de l'Art de Donner. Il est vendu au profit de l'association.
Le seul groupe qui a deux titres, c'est Les Dissidents, en ouverture et en fermeture du disque.
Compte tenu du niveau de professionalisme et de la qualité des autres artistes, on peut dire que nous ne sommes vraiment pas à notre place.

Mon opinion est que P... est pour beaucoup dans ce genre de mauvais jugements.
Pour des raisons différentes, tous les membres du groupe sont d'accord... il faut se séparer de P.... Nous avons donc rompu avec lui et bien sûr... ça s'est mal passé.

Namasspamouss
Septembre 2004,
Namasspamouss anime le mariage de Sandra et Benoît

Namasspamouss

Comme toujours après une rupture, le redémarrage est lent et difficile. Il faut trouver de nouvelles marques. P... faisait énormément pour le groupe, pas toujours à bon escient, on l'a vu. Néanmoins, c'est lui qui trouvait toutes les gigs. Et puis il était pour beaucoup dans l'âme du groupe.
Nous commençons donc par nous donner un nouveau nom : Namasspamouss. De beaux T-Shirt noirs viennent compléter notre nouvelle tenue de scène.

Peu à peu Namasspamouss trouve ses marques, avec un répertoire plus rock.
Namasspamouss
2005, au Niouzz
Namasspamouss invente le concept du bistrot concert
assis parmi les clients aux tables du bar
Namasspamouss
2006, La salle n'est pas un bar?
qu'à cela ne tienne on fait comme si...


En 2004, c'est Yaëlle qui nous quitte pour un an. Elle s'en va en effet en Australie avec son amoureux.
Ses aventures sont suivies sur Internet, sur le site de Namasspamouss.
Quand elle revient enfin, elle retrouve naturellement sa place.
Nous sommes également particulièrement heureux de jouer pour son mariage.
Mariage de yaëlle
Au Mariage de Yaëlle, en septembre 2006
Avec Pierrick, le sonou breton, Etienne Lavenan
et des membres de la chorale "les Ouafeurs"

Namasspamouss
2006, à l'église St Pierre de Caen
Soirée au profit des enfants d'Haiti

Namasspamouss
2006, à Langrune
Le remerciement de Namasspamouss

Namasspamouss
2006, Langrune

En 2007, j'ai rompu avec Namasspamouss, comme avec Clarksdale, pour me consacrer entièrement à mon aventure en solo.
Le groupe a continué et s'est forgé un style propre, excellent.
À l'occasion, il m'arrive de jouer avec eux, (à la fête de la musique 2009 par exemple), et c'est fort agréable.

michel z et Namasspamouss
mars 2010, je joue avec Namasspamouss au profit d'Haïti.


Des photos du groupe Namasspamouss à l'époque où j'y jouais