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Février 2002, photos promotionnelles
Histoire subjective de Clarksdale
Les débuts de Clarksdale sont relativements complexes. Au départ, c'est un
duo
formé par Mehdi, avec Manu pour l'épauler.
Pendant que Walrus vit ses derniers moments
(voir l'histoire de Walrus deuxième époque), le duo se prépare.
Lors de la fête de la musique 2000 ou 2001 peut-être,
nos deux compères font un tabac
au bar de l'Hotel de l'Ouest, à Argentan. Ils ne jouent que du blues.
Pendant ce temps, Walrus se débat pour essayer de survivre. Les magnifiques photos promotionnelles de février 2002 masquent la dure réalité qui accompagne le départ de jean-Baptiste.
Pas de batteur, pas de répertoire, pas de gig...
Les superbes photos promotionnelles de 2002
Juliette en est l'auteur. Elles masquent cependant
l'absence d'existence réelle du groupe Walrus.
Juillet 2002,
Clark'rus
joue au festival de l'Art de Donner
Lors de la fête de la musique suivante, j'accompagne nos deux
blues lurons d'un coup de basse. Je n'ai rien de mieux à faire, n'est-ce pas?
Nouveau triomphe
à Argentan. Je regoûte enfin à la bonne gig qui remue les tripes.
Le côté très improvisé de la gig n'est pas un problème pour des gars qui jouent ensemble depuis tant d'années. Clarksdale s'impose, mais je ne le comprends pas encore...
En juillet, nous jouons au festival de "l'Art de Donner" sous le nom de
Clark'rus. C'est une tentative assez dérisoire de fusionner les deux groupes (les fusions - acquisitions, je laisse ça aux entreprises maintenant). Je suis à la contrebassine. Miraculeusement, la gig est une réussite et un sacré souvenir. J'ai cassé deux cuillères en bois sur cette satanée corde!
Le premier âge d'or de Clarksdale
Pendant ce temps, nous cherchons toujours un batteur. J'ai connu
Olivier dans le cadre professionnel. Nous avons discuté musique pendant des heures tandis
que Lotus Notes 5 s'installait sur ces fichus PC.
Mais depuis, plus de trace...
Je fini par retomber dessus à Carrefour (Robert Johnson devait pas être loin) et cette fois je ne le lâche plus. Il devient le batteur du groupe avec des conditions drastiques que lui seul pouvait accepter:
- Musique tout accoustique
- Il a droit à une caisse claire et une petite cymbale et c'est tout
- Les baguettes c'est bien, mais les balais, c'est mieux
N'importe quel batteur serait parti en appelant l'hopital psychiatrique, mais Olive, lui, se révèle un maître à ce petit jeu.
Louvigny (2003?),
Olivier à prété sa batterie deux minutes à Nicolas
et paf, c'est la photo du journaliste
Langrune, été 2003
Parallèlement, j'arrête enfin de faire semblant de ne pas comprendre. Le groupe, c'est désormais Clarksdale, blues tout accoustique. Le patron, c'est Mehdi, un des plus grands que je connaisse. Nous l'accompagnons et l'efficacité
est flagrante.
C'est le premier âge d'or de Clarksdale. Je ne peux pas penser à cette époque sans nostalgie. J'entends toujours la voix de Mehdi qui chante "Have to ride the blind" et son slide vibrant sur son résonnateur.
Merde! Ça c'était du blues!
Mehdi, dieu du blues
Cahin-caha
Ensuite, j'ai fait une belle erreur. Comme j'avais envie de me remettre à la guitare,
j'ai embauché
Michael à la basse. Michael est un excellent bassiste et c'est un des types les plus sympas que je connaisse. Mais le groove
ne fonctionnait plus aussi bien. Il n'y avait pas de magie entre Olivier et lui.
D'autre part, je me rendais compte que je ne servais plus à rien! À la guitare, je disparaissais tout simplement entre Manu et Mehdi (quand Mehdi était là).
Un jour, lors d'un concert de sinistre mémoire au bar de l'Europe, j'ai ruminé intérieurement tout du long. Je pars...
Finalement, c'est Michael qui fera les frais de cette histoire. Je ne me sens pas fier car il a vraiment subi de plein fouet les conséquences de mon erreur.
Michael... pardon.
ça doit se passer en 2004
Ce concert aura aussi des conséquences des années plus tard lorsque je quitterai Clarksdale. En effet, je n'ai jamais oublié cette soirée où je me suis senti si mal tandis que personne ne s'en rendait compte...
Le deuxième âge d'or
en 2005, je pense, À Langrune
Et puis
Mehdi est définitivement parti. Il a mis des milliers de kilomètres
entre lui et nous.
Pourquoi est-il parti? Je suis convaincu qu'il ne trouvera jamais des accompagnateurs plus attentionnés et groovant que nous. Musicalement, le premier âge d'or de Clarksdale était aussi un âge d'or pour Mehdi et je ne suis pas sûr qu'il s'en soit aperçu.
Mais dans la vie, il n'y a pas que la musique, je pense. Et puis, quand on sait que Mehdi est également un excellent interprète de Brassens, on se souvient des paroles: "à partir de quatre, on est une bande de cons", ou quelque chose dans le genre.
C'est sans doute une façon de penser que Mehdi partage. Bon vent, bluesman! En attendant, c'est une nouvelle crise pour le groupe. Là encore, il nous a fallu du temps pour trouver un nouvel équilibre. Mais nous avons fini par y arriver!
C'est
Manu, qui soudain éclata comme un feu d'artifice.
C'était déjà un grand guitariste, mais c'est subitement devenu un héros!
La formule était simple, Olive et moi fournissions un groove inattaquable qui pouvait tourner pendant des heures, tel une machine bien huilée.
Pendant ce temps,
Manu racontait son histoire. Une histoire jamais ennuyeuse,
sans donner dans l'esbrouffe technique mais toujours dans la narration.
Les parties chantées n'étaient plus qu'un pretexte. Clarksdale, c'était Manu et son band!
J'y ai trouvé de grands moments de bonheur, comme un coureur de marathon qui trouve son rythme.
Je me callais dans mon groove et j'écoutais Manu.
En 2006 à Deauville
En mars 2007 à Caen
Je raconte ça comme ça, en deux minutes, mais ça a duré des mois et des années.
La charley d'olivier sifflait comme un serpent, la basse marchait sans fin et Manu jouait. Il agrémentait son discours de petits effets de scène: jeu derrière la tête et avec les dents, grand écart.
J'ai des vapeurs et je m'en vais
Et puis c'est moi qui suis parti en cacahuète. Après 23 ans passés à donner
mon energie pour tous ces groupes, je n'y ai plus trouvé mon compte.
Cela s'est fait progressivement et ma démotivation s'est fait sentir peu à peu.
Le groupe ne tournait plus aussi bien et les dernières gigs furent des galères.
Quelques mp3 pour illustrer
Période Mehdi:
Before You Accuse Me (Bo Diddley)
Le chant hallucinant et Hilarant de Mehdi, avec un son très (trop) roots.
Good Morning Little Schoolgirl (Sonny Boy Williamson)
Mehdi est à l'harmonica.
Walking Blues (Robert Johnson)
Ce morceau était présenté dans le CD "La Caen'pil du Coeur" au profit de l'associaton "L'art de donner" (2003). C'est tout l'art de Mehdi qui est là...
Période Manu:
Bad Blues
(Live au Bar de l'Ouest à Argentan)
Mon chant est très mauvais sur ce live, mais écoutez la sublime guitare de Manu.
Jerry Roll (Charley Patton)
Un tube de concert.
I Need Love
C'est un morceau bricolé à partir d'un riff d'Albert King et des paroles de Keith Richards.