michel z, Chanteur de Blues > gig > et je pèse mes mots (17 juillet 2010)

et je pèse mes mots

Une nouvelle gig de Jule et LéoMZ au Dickens, à Trouville, c'est quelque chose qui promet toujours. Le temps était au beau fixe, Trouville croulait sous les bourgeois prêt à payer 3,50 € pour une boule de pain de 400 g. Les places de parking se monnayaient à deux insultes, trois sourires, une aile froissée et un regard impitoyable. L'inflation galopait.

Jule et moi parvînmes à battre le système en plaçant quatre gardes du corps fortement armés sur un emplacement qui venait juste de se libérer miraculeusement. Nous empoignâmes le matos et parcourûmes piétamment la distance qui séparait notre véhicule de notre pub favori en dépit des Mercedes rutilante qui bolidaient sur les passages cloutés.

Au Dickens, on commence tard... De plus en plus tard même, vers 22h30! C'est bien, car ça permet à nos amis d'arriver, tous surpris, quand on n'a pas encore commencé, malgré leur heure de retard syndicale. Et des amis, il y en avait! Et des bons! Le Révérend Beerman himself était présent, avec Maria, N., M. et B. les fidèles, la Fannette, la Mouette...

En attendant de lancer l'implacable machine Jule et LéoMZesque, nous attendions peinardement sur la terrasse ensoleillée du Dickens. Une étrange scène attira mon attention.


Une bonne femme, tenue en laisse par son chien, fit station juste à côté d'innocents consommateurs qui sirotaient quelque chose de bon en fatigant les chaises et les tables Dickensiennes. Cette gourdasse resta là un moment, comme une conne, pendant que l'impertinent canidé pissait abondamment sur les pavés, au nez et à la barbe du monde entier, des petits hommes verts et du bon Dieu lui-même qui laissa faire, fidèle à son habitude. Au bout d'une demi-heure de vidange continue, le clébard soulagé repartit avec bonhommie en emmenant sa pourvoyeuse de croquette vers d'autres aventures. La flaque de pisse ne suivit pas le mouvement et resta là, stupide, antipathique et large comme la misère du siècle.

Il ne fut pas longtemps qu'un gamin de marque étrangère - espagnole peut-être - laissa tomber sa balle dedans. Le malheureux niño si fit engueuler d'importance par sa mère comme si c'était lui qui avait inventé la loi de la gravitation des balles dans la pisse, laquelle loi suit en fait exactement celle des pommes sur la tronche d'Isaac Newton dessinée par Gotlib.

Avec le sens de la mesure qui me caractérise, avec cette prudence de jugement que me connaissent tout ceux qui me côtoient (ou me façoient, ou me suivoient), je dirai, à propos de la rombière au chien, la chose suivante:


C'est une conne de la pire espèce, une raclure de bidet d'hôtel de passe, une giclure de furoncle mélangée à de la moisissure de perte blanche, un etron infecté gerbé par un crapaud lépreux, un sous produit de décomposition secondaire de vomi d'ivrogne gastro-entérique, une rognure d'intestin de cheval mort, une putréfaction de trou-du-cul de vieillard empoisonné au gaz moutarde, un obus de vingt-huit dans la gueule d'une fillette, une merde, une sucée de mégot du cigare d'une hyène de la finance internationale, une emmerdeuse, une trainée d'hydrogène sulfuré sur la couche culotte d'un tétraplégique, un ulcère variqueux sur la fesse d'une pucelle, une vieille saloperie, un résidu de tripe de chacal, une bouse de chameau alcoolique, un ecrabouilli de méduse pourrie, une omelette d'yeux de murènes assaisonnée au jus d'asticots dysenteriques, un cadavre d'une bactérie infectieuse du ténia, une pestilence, une épidémie de petite vérole, une fiente de Goéland argenté cirrhotique, un ramassis d'absurdités, un conglomérat de rebut de liposuccion, une mue de crotale fasciste, une dégénérescence fécale, un fumet d'haleine de mouche à merde, un fragment de truie éclatée par l'enculage d'un cachalot priapique, une tumeur de glande de vieux macaque pédophile, un décollement de plèvre d'un parasite de ragondin, un cocktail de guano, un flacon de foutre d'orang-outan antisémite, un bol de pus fermenté, une inconséquente écervelée!
Et encore, la rigoureuse exigence de bonne tenue littéraire que je m'impose sur ce site internet m'interdit de franchir certaines limites, sale chiure de bourgeoise de mes couilles, tiens! Et je pèse mes mots.


Après cet épisode, nous nous installâmes pour commencer. Un gars, au demeurant sympathique, nous déclara : "allez-y les gars, jouez nous un truc bien manouche!".

À force, on finit par se poser des questions. J'ai beau regarder Jule sous toutes les coutures, à l'envers, à l'endroit, à la loupe, par les deux bouts de la lorgnette, il ne ressemble pas à Mimile et sa disco 2000! Léon n'a rien de commun avec un juke box! Et moi, j'ai toujours pas trouvé où c'était écrit deezer sur ma tronche! Pourtant, ça doit sauter aux yeux puisque les gens nous demandent tout le temps de jouer ci ou ça.

Ce coup-ci, c'était carrément ébouristouflant puisqu'on n'avait même pas encore jeté une note! C'est comme si on allait au restau et qu'on demandait, avant même d'avoir vu la carte, "faites-nous une omelette aux champignons, et une bonne, hein!".
Pour ces circonstances, mon maître étalon, c'est Marcel Zanini. Comme on lui demandait de jouer Fly Me To The Moon, lequel morceau ne figurait pas à son répertoire, il répondit : "Nous allons vous jouer autre chose à la place". C'est quand même mieux que de rentrer dans la gueule du quémandeur qui vous considère naïvement, la bouche en cœur, sans comprendre pourquoi il a soudain un Schmeisser MP40 braqué entre ses deux yeux.

Jule eût une réponse qui valait bien celle du bon Marcel : "on va te jouer ce qu'on sait faire, tu vas voir, c'est vachement bien!" Joli! Il est fort le Jule, puisse-t-il avoir vécu aussi longtemps que le savoureux père de Marc-Edouard Nabe quand il aura son âge! (Et je pèse mes mots)


Le concert se passa très bien. Avec Jule et Léon, notre tour de chant commence à être sacrément bien rodé! Pour tout dire, on a même hâte de travailler quelques nouvelles chansons, faut que ça vive un répertoire. On va s'y mettre justement cette semaine.

En attendant, on a pété nos bons vieux trucs. La musique était excellente, et Jule exceptionnellement inspiré, et je pèse mes mots.

J'avais donné mon appareil photo à M. et B., comme d'habitude en fait. L'engin fit fidèlement son office pour quelques photos puis soudain, il jeta un cri de douleur: son flash venait de rendre l'âme.

M. et B. tentèrent l'impossible pour ranimer le malheureux flash. B. commença par asséner quelques vigoureuses claques pour rallumer la flamme du bouzin. M. essaya le bouche à bouche et fit respirer des sels au patient. Elle n'avait que sa bière sous la main et je ne suis pas sûr que ce soit aussi efficace, mais on fait avec ce qu'on a. Le dernier recours de l'électrochoc avec la prise de la sono se révéla tout aussi inopérant. Le décès officiel du flash de mon appareil photo fut solennellement déclaré à 23h41, le révérend Beerman prononça l'oraison funèbre avec une onction qui me soutira des larmes de rigolade.

L'appareil handicapé continua néanmoins de travailler de son mieux. Évidemment, les photos qui suivent le drame sont floues, il faut s'y faire, elles seront toutes ainsi désormais.

On peut dire que cet appareil a travaillé dur pendant plusieurs années, sous les doigts experts de diverses photographes, essentiellement féminines, il faut bien le dire.

Il va continuer d'ailleurs, les photos deviendront floues à mesure que la nuit tombera, voilà tout, en attendant que j'aie les moyens de m'en repayer un autre. Et puis après, je le garderai! Ben oui, quand je serai une rock star, c'est typiquement le genre de truc qui va atteindre un joli paquet de blé aux enchères!

L'argent récolté grâce à ça, je ne le prendrai pas pour moi, ça non, je m'en foutrai pas mal vu que je serai déjà dégueulassement riche. Je le donnerai aux œuvres humanitaires qui créeront des centres des soins, liatifs ou pas, accordés aux pauvres connasses, aux vieux fond de bitures mal encaissées, aux gangrènes de pieuvres irradiées, aux ventouses gluantes de sangsues crevées, aux pauvres larves de crevures de bonnes femmes de merde qui font pisser leur chien sous le nez des gamins jouant à la balle dans les rues piétonnes.

Ces centres utiliseront les méthodes les plus modernes, piqures calmantes à la barre à mine et thérapie de groupe à base de d'échanges de coups de battes de base-ball dans la gueule. C'est exactement ce qui convient à ce genre d'excréments de cloportes, à ces tas d'immondices farcis d'égoïsme et de pure connerie, ces ventilateurs à pollution sordides qui exhalent des litres de gaz à effet de serre par tous les trous, ces mauvais assemblages de viandes pas fraîches et puants de la gueule et du cul.