michel z, Chanteur de Blues > chroniques > attelage (9 et 10 juillet 2010)

attelage

Je vais finir par me lancer dans l'agriculture, l'élevage bovin pour être précis! Ben oui, après cet excellent bœuf avec Philippe Jehanne et cette rencontre avec le Reverend Beerman, j'en ai enchaîné deux autres coups sur coups. Avec ça, j'ai de quoi atteler une bonne charue pour creuser quelques sillons dans le champ labouré de mes pérégrinations saltimbanquestes.

Après avoir passé la soirée du jeudi au Newport pour y écouter la bonne parole du reverend (Alleluia), je suis allé promener mes guêtres du côté de l'Ambassadeur pour y écouter les Namasspamouss vendredi.

J'avais commencé par un petit tour au Niouzz qui proposait une soirée à l'intitulé pour le moins alléchant : Rock et Littérature! C'était supposé commencer à 19h00, mais évidemment, 20h00 sonna sans que se fassent sentir les frémissements de ce qui pourrait annoncer le début de l'envisagement du commencement du spectacle.

Si on comptait le temps qu'il fallait pour se rendre à l'Ambassadeur, pour peu que le tram soit pas aussi bien attelé que ma charrue ou qu'il crève ou qu'il y ait une manifestation ou un coup d'état ou que le château s'écroule ou que je rencontre un pote en route, fallait y aller si je voulais y être à 20h30.

Oh, je sais bien que les Namasspamouss allaient attaquer à la bourre eux aussi, à tous les coups! C'est bien normal! Mais si tout le monde raisonne comme ça, je suis désolé, ça va nous emmener de plus en plus loin tout ça.
Ça commence en retard parce qu'on attend les gens, du coup, ils prennent bien leur temps vu qu'ils savent que ça va commencer en retard, etc... etc...

Rock & Littérature

Ben moi, n'en déplaise, je suis à l'heure la plupart du temps (sauf quand je suis en retard). J'emmerde tout le monde avec ça! Si j'ai vingt minutes de trajet, je pars vingt-cinq minutes avant (faut compter la TVA), alors que plein de gens ne se sentent pas en retard tant que l'heure fatidique du rendez-vous n'est pas arrivée, même s'ils sont à dix kilomètres de l'endroit. Pire, s'il leur restent dix minutes de battement, ils vont se lancer dans un truc qui dure un quart d'heure! Faut pas être prix nobel de mathématiques* pour savoir que ça n'ira pas, mais tant pis! Tout plutôt que rester dix minutes à rien faire comme un gland!

Bon, moi je fais pas comme ça, et quand vient l'heure j'y vais, en dépit des supplications de mes amis qui vont jusqu'à proposer de me payer un godet pour me faire rester encore cinq minutes, les vils tentateurs!

*Le prix Nobel de mathématiques n'existe pas, hihi!

Tout ça pour dire que Rock et Littérature, pour alléchant cela dut-il être, je n'y eux pas droit pour cette fois, même pas le petit extrait que j'espérais... Ce sera pour une autre fois, j'ai entendu dire que c'était très bien!

Le tram ayant fait exprès d'arriver pile en même temps que moi à l'arrêt, le temps étant beau et sec et les perturbateurs potentiels de tous poils probabement encore à l'apéro, j'arrivai à l'Ambassadeur avec un quart d'heure d'avance (ben oui, je sais, mais on ne se refait pas).

Les quatre membres de Namasspamouss peaufinait leur balance et les fous de Bassan était là. Bisous à tout le monde, smack, smack, ça va? Bien! Fin prêts? ouiii!

Le temps de saluer tous les habitués de l'Ambass', de commander une camomille gazeuse au houblon, et d'aller m'asseoir avec les fous de Bassan, le concert commençait.


Ce qu'il y a de bien avec Namasspamouss, c'est que le groupe est en progression constante. Les chansons sont impeccablement en place, les arrangements originaux, ça, c'est pas nouveau. Mais aujourd'hui, je trouve que l'émotion de l'interprétation est de plus en plus présente. C'est un nouveau pallier que le groupe a franchi. J'avais déjà noté une grande aisance scénique à l'occasion de la soirée des fous de Bassan, le 19 juin, mais maintenant j'ajoute cette virtuosité émotionnelle, aussi bien dans le registre de l'humour que dans celui de la profondeur et du sentiment. J'ai entendu notamment pour la première fois une composition du groupe, "Janvier", vraiment superbe, sur un swing mid-tempo pleinement maîtrisé. Bravo!


À la fin du concert, les Namasspamouss me firent le plaisir de m'inviter à taper le bœuf en souvenir du bon vieux temps, comme d'habitude oserais-je dire.
C'est quelque chose que j'aime particulièrement, après une bonne gig de Namasspamouss, se terminer avec les morceaux qu'on a tellement joués, à l'époque où je faisais partie du groupe, qu'ils reviennent tous seuls, même après des mois. Bien cool! Merci les amis!



Le lendemain, nous devions répéter avec Jule et Léon et un bassiste qui joue parfois avec eux dans les Ratures. L'idée était de jouer ensemble lors de la pic-nique party de Blangy le Château qui aurait lieu le mardi 13 juillet.

Il s'avéra alors que j'appris que mes acolytes allaient jouer le soir même au célèbre camping du Brevedent, tenu par le non moins célèbre Raph, celui des Ratures, et que pourquoi pas que même je pourrais y viendre aussi si ça me disait.
Ben alors là, un peu mon neveu que ça me dit! Sitôt dit, sitôt dit, et nous voilà partis.

Au camping du Brevedent, endroit enchanteur dont j'ai déjà eu l'occasion de parler sur ces pages, les allemands et les uruguayens s'expliquaient footballistiquement sur le grand ecran du restaurant quand nous attaquâmes la musique. Des allemands, il n'y en avait pas beaucoup en chair et en os, quant aux uruguayens, on les cherche encore. Du coup, la population essentiellement hollando-anglaise ne se trouva pas trop perturbée par les beaux athlètes en short qui courent tous après le même satané petit ballon. Les anglais avait plus ou moins eu le temps de digérer leur défaite et les hollandais n'étaient pas encore au courant de la leur. Je notais simplement qu'ils étaient tous en train de bouffer sauvagement du consommé de poulpe, je n'ai toujours pas compris pourquoi.

La gig commença par des morceaux interprétés par Ralph et Jule, puisés dans le répertoire des Ratures. Jule et Léon et les Ratures ont un répertoire commun et c'est ainsi que je parvenais à suivre. Sur les morceaux que je ne connaissais pas, j'étais aidé par le bassiste, Nico, qui me montrait ostensiblement ses doigts. Voilà un musicien aussi talentueux qu'attentif à l'esprit de groupe! Ça fait du bien!

Ensuite, c'était le tour d'un bluesman hollandais du nom de Ton de jouer, accompagné par un clavier anglais. Ces deux vieux briscards sont tout simplement excellents, pros et entertainers en diable. Je bœufais tranquillement derrière eux et je pus même chanter un petit "Before You Accuse Me". C'est-y pas cool, ça?

Pour terminer, un groupe formé pour l'occasion envoya quelques standards du rock et de la soul fort bien choisis. Nico en était le bassiste et je pus admirer son groove! Fabulous!

C'est ainsi que je faisais mon troisième bœuf de la semaine, complétant l'attelage de ma charrue. La semaine prochaine devrait être encore pas mal, avec deux gigs de Jule et Léon et un enregistrement d'enzo ketchup.