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Banana split
Un peu au débotté, nous avons joué, avec Jule et Léon, au camping de Brévedent ce mardi soir. Ce camping est tenu par Raph, le guitariste des Ratures (dont j'ai déjà parlé sur ce site), l'un des deux frères du groupe, il est le "Ra" du nom du groupe, alors que son frangin fourni le "ture" (vu qu'il s'appelle Arthur). Les deux autres membres de ce groupe ne sont autres que... Jule et Léon! Je ne sais pas si vous suivez, c'est assez complexe... j'hésite à faire un schéma...
Jule et Léon jouent avec moi, c'est à dire que je les accompagne avec ma rythmique en acier massif, on s'appelle alors "Jule et LéoMZ", mais les deux compères jouent aussi avec Clément et Florian sous le nom de "Jule et Léon et deux guitares manouches". Il faut également savoir que Clément est le guitariste de "l'Air Éthique" tandis que Florian en est le bassiste. Bien sûr, c'est Jule qui est le chanteur de ce groupe, mais Léon, lui, n'en fait plus partie.
Voilà, c'est simple non? Bon, allez, je fais un schéma... que ceux qui ont horreur de ça parce que ça leur rappelle l'école aillent faire un tour et reviennent tout à l'heure (y aura des trucs sympa, des grosses conneries, des trucs salaces et tout et tout).
Pour les autres, le schéma se trouve ci-contre (sauf s'il s'est mal chargé, comme ça arrive tout le temps sur mon site, et que je sais même pas pourquoi...)
Remarquez que c'est Jule qui a le plus de flèches... Normal, c'est une star!
Voilà, le schéma, c'est d'une simplicité évangélique!
Si vous regardez bien bien bien, vous constaterez que tout ça, c'est copinage et compagnie! Mais bien sûr... c'est comme les politiques et tous les gros pourris de la Terre qui s'acoquinent, qui se réunissent secrètement, qui se fument des gros cigares en matant des stripteuses de luxe ensemble, qui règlent entre eux le sort du monde! Et ben nous, c'est pareil! On se connaît tous, on fume des cigarettes roulées et on boit des bières, on joue les uns chez les autres, on joue les uns
avec les autres, on se réunit secrètement pour faire des répétitions (plus ou moins cachées, faut être initié). On se livre à des grandes cérémonies un peu étranges qu'on appelle
bœufs...
Et voilà, connivence, négociations secrètes, fraternité occulte... tous les ingrédients de la pure crapulerie! Ce que je ne comprends pas, c'est que les gros pourris roulent en Bentley et rangent leur viande dans des costards à dix mille euros, si ça se trouve, ils se torchent les fesses avec des mouchoirs de baptiste parfumés au Channel 5, alors que nous, on a des trous au cul de nos jeans et nos bagnoles feraient peine à voir si elles ne faisaient pas tant rigoler. Au cabinet, on n'utilise que le Ouest-France de la veille, et je peux vous dire que les nouvelles ne sentent pas toujours la rose. C'est bizarre, y a quelque chose qui m'échappe là-dedans... On a dû rater un truc quelque part.
Quant au sort du monde... on aimerait bien que ce soit le monde qui s'occupe de notre sort à nous! C'est vrai, on est quand même des stars! Mais personne ne le sait, c'est vexant.
Nous voici donc dans ce camping, aves Jule et LéoMZ, afin d'y jouer un coup pour une tribu de vieux anglais en goguette. C'est que c'est pas n'importe quoi le camping de Brévedent! Quatre étoiles, pas moins! Il y a du PQ dans les chiottes, une piscine, un restaurant, un lapin, du soleil...
Donc, les vieux anglais sont attirés par ce genre d'endroit. Ils viennent et paf, on leur met le grappin dessus pour les faire rester le plus longtemps possible, qu'ils dépensent un maximum de pépettes, qu'ils reviennent la prochaine fois et qu'ils ramènent pleins de potes, tout aussi anglais qu'eux (ou des écossais, des gallois, des irlandais, on s'en fout...)
Pour ce faire, on les accueille bien bien bien! On leur fait cuire les pavés de bœuf de façon indécente, on leur fait chauffer la bière, on leur cause dans leur langage, on les bichonne, on les chouchoute et pour les finir, on leur balance Jule et LéoMZ dans la chetron! Et paf! Même Sarkozy en crève de jalousie, et si ça se trouve, c'est pour ça qu'il est aussi teigneux en ce moment et qu'il complote tout le temps avec les allemands pour se venger. Ça marche à moitié pas, parce que les allemands nous aiment bien aussi, en tout cas, ils nous aimeraient s'ils nous connaissaient, et ça, ça le rend fou le Sarko!
Bon, nous aussi, on nous a bichonné. On nous a drôlement bien nourri. Ça tombait bien, le Léon commençait à tourner de l'œil. Faut qu'il bouffe le Léon! Il y en a qui, avant le concert, doivent absolument pisser toutes les cinq minutes, d'autres se tapent des chiasses niagaresques (quoi? Vous trouvez ça trivial? Ben qu'est-ce que tu crois mon pote, que c'est facile, la vie de Zicos? Que c'est seulement Sex, Drugs and Rock'n' Roll? Non, mon petit gars, ce n'est pas que ça, c'est aussi le trac, la tripe qui fait des noeuds et les questions existentielles qui vous vrillent la caboche - qu'est-ce que je fous là? mais que suis-je venu faire dans cette galère? etc...)
Le Léon, lui, faut qu'il bouffe! Oui, je sais, ça ne se voit pas, il est sec comme un passse-lacet, n'empêche, il traite son estomac avec beaucoup d'attention. C'est comme ça qu'en dessert, il s'est envoyé un superbe Banana Split! Un banana split, mais à tout prendre qu'est-ce? Une bonne grosse banane, deux boules et un flot de chantilly, pas autre chose. Je trouve que, dit comme ça, c'est quand même très tendencieux. Si ça continue, je vais être obligé de mettre un avertissement sur mon site pour l'interdire au moins de dix-huit ans, ce serait contrariant!
Le coup du banana split, c'est le truc salace que je promettais tout à l'heure. Vous êtes déçus? Vous vous attendiez à quoi, bande de petits pervers? Les histoires de cul, je les laisse à enzo ketchup! Moi, je reste dans l'attitude noble et digne du poète à l'esprit élevé qui ne s'apesantit pas sur le dessous de la ceinture. Pas de prouts, de Pamela Popo et de fessée sur la levrette ici! Quand je serai grand, j'ai bien l'intention de postuler à l'académie française alors je maintiens le niveau (surtout que je ne compte pas trop sur l'orthographe pour me filer des points à l'examen d'entrée).
Une fois nourris, nous avons attendu que les anglais soient prêts. C'était le dernier jour de leur séjour et ils prenaient le temps de s'autocongratuler, de lancer force toast et bonnes blagues (anglaises).
Nous attendions, accoudés au bar, et quand le moment psychologique survint, nous attaquâmes!
Sur l'ensemble des anglais qui étaient là, une moitié choisit ce moment pour lever le camp, une moitié continua à discuter comme si de rien n'était et une autre moitié se mit à danser, à battre des mains et à chanter des savoureux "padam padam" avec l'accent britannique. Oui, je sais que ça fait trois moitiés, mais ce sont des anglais, ne l'oublions pas, ils ne comptent pas comme nous! (Pour les conneries promises, vous n'êtes pas déçus, au moins...)
Une des nombreuses qualités d'homme de scène de Jule, c'est de bien sentir les morceaux qu'il faut jouer en fonction du public, de la situation, du contexte. Il est fort, le bestiau! Par exemple, je voulais absolument jouer la Piave, j'adore ce truc et il y a une petite deuxième voix bien cool sur le refrain.
Tu finiras par crever dans tous ces troquets
C'est avec ce maudit comptoir que tu d'vrais te marier
N'empêche, me dit Jule, pour des anglais, les trucs plus dansants, ou alors tellement connus qu'ils ont même réussis à franchir le channel, c'était beaucoup plus pertinent! Il avait raison...
Une fois l'aubade donnée à nos amis d'outre manche, nous allâmes remettre le couvert au bar du camping (quatre étoiles, je vous dit!).
Si on ne voit jamais Jule et LéoMZ sur cette page, c'est parce que les photos, je les ai piquées sur le
site internet du camping du Brévedent.
Oh, j'avais mon appareil... mais bon, la flemme, l'absence de mes amis habituels qui en prennent quelques unes, toujours très sympathiquement, tout ça quoi, j'ai rien fait...