michel z, Chanteur de Blues > chroniques > coup de foutre (1er avril 2010)

Coup de foutre

Ce coup-ci, ça suffit, j'en ai marre, ras-le-bol! Tout est monotone dans ce monde, il y a une rue qui conduit à une autre rue et ainsi de suite. On finit par arriver jusqu'à des gens qui se ressemblent trait pour trait. Ils ont tous deux bras, deux jambes et une tête plus ou moins pleine des mêmes musiques tristounettes et sans aspérité.

Je ne suis pas mieux que les autres, toujours à ânonner mon sempiternel blues, à l'ahaner. Je ne peux pas continuer ainsi, il faut que ça change!
Marre des bourgeois, marre du blues, marre des conneries, marre du futur, désormais je dirai plein de gros mots tout le temps, fuck les bourgeois, fuck le blues, fuck le futur, fuck l'ortografe, je me fais punk, si y en a des qui sont pas jouasses, je les fuck aussi.

C'est bon quoi, je vais pas passer ma vie à faire semblant de souffrir sur de la musique qu'était déjà plus à la mode quand mon grand-père quittait sa sainte mère patrie la russie pour aller voir ailleurs si le foutage de gueule avait meilleure haleine.

Le punk, c'est nettement plus moderne, la preuve, ça n'a que trente ans dans la figure! Parce que je prétends pas non plus faire djeune, moi, je ne vais pas jouer du rap ou du pipop, faut pas déconner non plus. Nan, moi, c'est punk, vieux punk délabré, blanchi de la crête que j'ai plus, vieille merde ridicule, pitoyable, absurde.
Et puis le punk, c'est beaucoup plus simple, direct que le blues. Déjà, le blues, il n'y a que trois accords, mais dans le punk, on ne sait même pas exactement combien il y a d'accords, et on s'en fout! Et puis, c'est quoi un accord, d'abord?

Plus important, ce sont les thèmes des chansons traitées. À la grande époque, c'était l'anarchie, le no futur, l'antéchrist, le piétinage des institutions, l'autodestruction. Pas mal! Moi, jusqu'ici, j'avais fait dans le social, la revendication de classe, tout ça, Give Me Back My Job, The Work To Be Done, ce qui est exactement l'inverse du No Future. J'ai aussi donné dans le poético-humoristico-psychédélique I Wonder Why, Doggy Bag. Mais c'est terminé tout ça! Je ne vais pas non plus refaire la transformation du monde en détritus comme Sid Vicious, non, maintenant je vais parler de SEXE!

Le sexe, voilà une belle démarche néo punk! Je suis inspiré dans l'affaire par une chanson du groupe Melrose qui s'appelle Lust at first sight, c'est superbe! Je vais traduire ça par Coup de foutre, c'est joli aussi. Je vais faire des chansons qui dureront minimum une demi-heure en chantant juste cette phrase sur quelques pseudo accords quasimodesque. J'enlèverai même des cordes à la guitare pour pas compliquer, deux ou trois cordes, ça devrait suffire.

En ce qui concerne les petits baratins que je mets sur internet, c'est pareil ! Ça va changer ! D'abord, j'écrirai tout en majuscule, comme si je vous criais dans le nez. Ensuite, je ferai plein de fautes d'orthographe, je veux dire encore plus que d'habitude. Et pour finir, je collerai plein de gros mots, trois ou quatre par phrase. Le présent papier est le dernier écrit dans quelque chose qui s'apparente encore à peu près à la langue française. À partir de demain, ça ressemblera à ça:

salu les kon! aujourdui je cause 2 mon nouvo konser que je fé biento je sé pu ou mé si sa vouz emmerde je men fou. je sé pu kan sé non plu mé tan pi

Voilà, ça va être très chiant, mais c'est justement le but! Les quelques rares qui viennent encore me lire vont fuir à leur tour et je n'aurai plus personne. Mais c'est ça, le keupon! Si on a du succès, c'est qu'on n'est pas un pur, un vrai! Moi, je n'ai déjà quasiment aucun succès, donc si je pousse juste encore un peu à la roue, je pourrais enfin crier partout que je suis un vrai maudit. z le maudit, c'est moi! YOOOO, NO FUTUUUUUURRR