L’émergence culturelle doit-elle se nourrir de pain sec, d'amour et d'eau fraîche ?
Dés débats ! Des débats ! disent mes amis sur Facebook. Et d’envoyer des sujets, d’ailleurs fort intéressants. Mais proposer un sujet ne créé pas un débat… Il faut aussi dire ce qu’on en pense soi-même, taper un peu dans la fourmilière, secouer le cocotier, balancer quelques idées, un peu provocatrices, histoires de susciter les réactions, bref… lancer le débat comme on lance un journal ou un javelot !Le sujet tout seul, ça fait un peu sujet de dissertation. « Voilà un superbe sujet, je ramasse les copies dans quatre heures, Chaprot, arrêtez de copier sur votre voisin. »
Je me permets de me moquer un peu, comme ça, parce que ce sont des gens que j’aime beaucoup. Pour me faire pardonner, et pour continuer aussi de me moquer, à ma façon, ben tiens je vais te me la faire c’te disserte, je me prends au jeu, il ne faut pas me chercher là où je risque de m’amuser.
Il y a deux sujets : le premier concerne la rémunération des artistes et des nouvelles formes que peut prendre cette rémunération. Excellent sujet, mais qui frôle dangereusement certains territoires dans lesquels je me suis interdit d’aller. Pas touche ! Un peu comme si ma religion me l’interdisait, si on veut. Les principes, ça ne se discute pas, par définition, donc paf, je prends automatiquement l’autre sujet, ainsi libellé :
L’émergence culturelle doit-elle se nourrir de pain sec, d'amour et d'eau fraîche ?
L’émergence Culturelle
Déjà, ça commence fort. Moi qui ai fait tout un speech pour expliquer que la culture, ce n’était pas seulement l’Art, je ne peux plus me dédire et il faudra donc parler d’autre chose que de musique, de peinture, de théâtre, de cinéma, de littérature… Il faudra parler de langages, de traditions, de rendez-vous collectifs, d’habitudes de vie en commun, d’histoire, de religions, et que sais-je encore...Et puis, il y a « émergence ». Alors là, celui-là, je le trouve difficile. Je cherche des définitions, j’en trouve en physique, en art contemporain, et puis une qui me plaît :
« Survenue, apparition, jaillissement. » Je prends le jaillissement ! Ça me plaît beaucoup. J’espère simplement que ce choix, somme toute subjectif, ne me conduit pas tout droit dans le mur du hors-sujet.
On va donc causer du jaillissement de la culture, c’est à dire l’art, mais aussi l’identité (ou la non-identité), le langage de tous les jours, la cuisine, le foot et tout ça.
Doit-elle se nourrir
Je voudrais éviter de persifler sur tout, mais ce « doit-elle se nourrir » implique tellement de choses que je préfère faire le tri :- Les sous pour la culture ?
- L’inspiration pour l’Art ?
- Les salaires des joueurs de foot ?
Bon, allez, on va dire « les sous pour la Culture », c’est à dire tout ce qui est concerné par le ministère de la culture, et ses déclinaisons dans les collectivités territoriales à tout les niveaux. Je pense tout de même que c’est de ça dont il est question, même si je n’évacue pas tout à fait l’inspiration, qui est aussi une nourriture essentielle.
De pain sec, d’amour et d’eau fraîche
Ma partie favorite du sujet, parce qu’il y a un petit côté agressif, subjectif, qui laisse entrevoir l’opinion de celui qui l’a proposé. Le mot « sec » est particulièrement claquant, comme un bon coup de trique ! Accolé à « Pain », il dégage tout un univers issu de l’inconscient collectif. Cachot, privation, punition, au pain sec !J'ajoute quand même que le pain sec, ce n'est pas le pain rassis. C'est le pain sans rien, comme un whisky sec, pas d'eau, pas de glace, pas de coca... sec. Donc du pain sec, c'est juste du pain, quoi. Par ailleurs, on dit souvent que la culture, c'est comme la confiture. Si donc on met cette confiture sur le pain, il n'est plus sec! C'est automatique! Donc, je vois des failles dans le sujet, moi... (hihi, bon je voulais la faire, c'est fait, on n'en parle plus).
« D’amour et d’eau fraîche » est tout aussi fort, quoique plus doux. On passe la moitié de notre vie à dire qu’on ne peut pas vivre « d’amour et d’eau fraîche » et l’autre à dire qu’on ne peut pas vivre « sans amour (et sans eau fraîche) ». L’amour et l’eau fraîche sont nécessaires, mais pas forcément suffisants. La question ici est donc de savoir si ça l’est, suffisant, en ce qui concerne le jaillissement de la culture.
Pour résumer, je comprends donc le sujet comme : « faut-il des sous (et de l’inspiration) pour que jaillisse la culture ? » J’espère que je n’ai pas trop tout faux avant même d’avoir commencé. Je me garde quand même un petit espace pour le « nourrir d’amour » qui peut concerner tout autre chose que l’argent.
Et c’est parti, on commence par une introduction :
Nous sommes définis en grande partie par notre culture, ce que nous aimons, ce qui nous fait nous déplacer le soir avec nos amis, la langue que nous parlons, les livres que nous lisons, mais aussi notre histoire, nos habitudes, nos préjugés.
Cette culture évolue sans cesse, par le biais des apports humains, artistiques, religieux qui s’insèrent dans nos sociétés. Une partie de cette culture est donc émergente, nouvelle, elle jaillit ! Elle ne prend pas toujours facilement sa place au milieu des conservatismes, des reflexes de repli sur soi et des frilosités. Mais c’est une de nos fiertés que de permettre cette émergence, de la favoriser, malgré nos limites et nos peurs.
Le support matériel à ce jaillissement est l’affaire de nos instances dévouées à la Culture. Ministère, collectivités territoriales, Europe également, toutes ces entités disposent d’un budget à la Culture.
Sans ce support, l’émergence surviendrait-elle de toute façon ? Peut-on croire au contraire que plus on donne d’argent, plus la Culture jaillira, comme la résultante d’un acte charnel ?
Cette culture évolue sans cesse, par le biais des apports humains, artistiques, religieux qui s’insèrent dans nos sociétés. Une partie de cette culture est donc émergente, nouvelle, elle jaillit ! Elle ne prend pas toujours facilement sa place au milieu des conservatismes, des reflexes de repli sur soi et des frilosités. Mais c’est une de nos fiertés que de permettre cette émergence, de la favoriser, malgré nos limites et nos peurs.
Le support matériel à ce jaillissement est l’affaire de nos instances dévouées à la Culture. Ministère, collectivités territoriales, Europe également, toutes ces entités disposent d’un budget à la Culture.
Sans ce support, l’émergence surviendrait-elle de toute façon ? Peut-on croire au contraire que plus on donne d’argent, plus la Culture jaillira, comme la résultante d’un acte charnel ?
Et voilà. J’espère que je m’en suis bien sorti, j’ai pris quelques partis, mais pas sur le sujet. J’ai posé la question, j’ai dit une grosse connerie à la fin, histoire d’imprimer ma marque. Parfait, passons à la partie « Thèse » (je suis très classique…). Thèse, donc : l’émergence culturelle ne peut pas se nourrir de pain sec, d’amour et d’eau fraîche. Allons-y…
Avec un bon outil, on pourrait saucissonner la Culture en trois tranches :
- ce qui est dépassé, oublié
- les courants principaux actuels, ce que le grand public comprend et apprécie
- les innovations, nouveautés, idées de demain, c’est à dire, le jaillissement !
Les besoins matériels de ces catégories sont très différents les uns des autres. Il faut maintenir en vie les cultures obsolètes grâce à des perfusions. On doit payer les conservatoires qui entretiennent les musiques disparues, les légumes d’autrefois et les histoires en vieux français que plus personne ne lit. Nous y tenons comme à notre mémoire, lointaine peut-être, mais pas définitivement perdue.
Les courants principaux consomment énormément de moyens. Les films à gros budget, les grands concerts avec fééries de lumière, les matches de foot qui rassemblent cent mille personnes et dont les droits télévisuels dépassent l’entendement ont une économie qui leur est propre. L’argent nécessaire au fonctionnement de cette culture est issu de cette économie, de gigantesques sommes proviennent de la poche des spectateurs, heureux de communier grâce à ces manifestations populaires.
Mais la culture a besoin de nouveautés pour survivre. Ce qui fait la joie des humains d’aujourd’hui fera l’ennui de ceux de demain, surtout dans le domaine de l’art. L’art, c’est comme l’érotisme, il faut toujours du nouveau et de la surprise pour générer l’émotion nécessaire. Mais, par définition, ce qui a vingt ans d’avance ne peut pas être compris directement par le grand public. Plus un artiste est visionnaire, moins il risque de rencontrer facilement son audience. Citons l’exemple de Thelonious Monk qui a révolutionné la musique de jazz au début des années quarante aux Etats-Unis, mais qui a dû attendre la fin des années cinquante pour rencontrer le succès populaire pour lui-même.
La vache enragée est attachée à l’artiste dans l’image d’Epinal, mais il est clair que l’argent public peut et doit faciliter cette création innovante en la subventionnant, le temps que s’effectue la rencontre avec le grand nombre. Le problème du choix des artistes à aider est complexe. Le temps est le juge de la valeur artistique d’une œuvre, et il est justement question ici de ne pas se le donner ! Le risque d’erreur est donc considérable, les justifications quasi impossibles et les institutions ont un rude travail. Elles sont en effet comptables et responsables devant les contribuables du moindre sou utilisé.
- ce qui est dépassé, oublié
- les courants principaux actuels, ce que le grand public comprend et apprécie
- les innovations, nouveautés, idées de demain, c’est à dire, le jaillissement !
Les besoins matériels de ces catégories sont très différents les uns des autres. Il faut maintenir en vie les cultures obsolètes grâce à des perfusions. On doit payer les conservatoires qui entretiennent les musiques disparues, les légumes d’autrefois et les histoires en vieux français que plus personne ne lit. Nous y tenons comme à notre mémoire, lointaine peut-être, mais pas définitivement perdue.
Les courants principaux consomment énormément de moyens. Les films à gros budget, les grands concerts avec fééries de lumière, les matches de foot qui rassemblent cent mille personnes et dont les droits télévisuels dépassent l’entendement ont une économie qui leur est propre. L’argent nécessaire au fonctionnement de cette culture est issu de cette économie, de gigantesques sommes proviennent de la poche des spectateurs, heureux de communier grâce à ces manifestations populaires.
Mais la culture a besoin de nouveautés pour survivre. Ce qui fait la joie des humains d’aujourd’hui fera l’ennui de ceux de demain, surtout dans le domaine de l’art. L’art, c’est comme l’érotisme, il faut toujours du nouveau et de la surprise pour générer l’émotion nécessaire. Mais, par définition, ce qui a vingt ans d’avance ne peut pas être compris directement par le grand public. Plus un artiste est visionnaire, moins il risque de rencontrer facilement son audience. Citons l’exemple de Thelonious Monk qui a révolutionné la musique de jazz au début des années quarante aux Etats-Unis, mais qui a dû attendre la fin des années cinquante pour rencontrer le succès populaire pour lui-même.
La vache enragée est attachée à l’artiste dans l’image d’Epinal, mais il est clair que l’argent public peut et doit faciliter cette création innovante en la subventionnant, le temps que s’effectue la rencontre avec le grand nombre. Le problème du choix des artistes à aider est complexe. Le temps est le juge de la valeur artistique d’une œuvre, et il est justement question ici de ne pas se le donner ! Le risque d’erreur est donc considérable, les justifications quasi impossibles et les institutions ont un rude travail. Elles sont en effet comptables et responsables devant les contribuables du moindre sou utilisé.
J’ai fait court pour cette thèse. Parce que ça m’emmerde, je n’y crois pas. J’ai utilisé un seul argument, celui des visionnaires qui ne peuvent pas, par définition, compter sur le soutien financier du public (et il faut bien qu’ils bouffent). A chaque instant, j’ai failli trébucher et démontrer l’inverse de ce que je voulais. Ouf, dur, dur… mais, c’est fini, on va pouvoir attaquer l’antithèse : l’émergence culturelle peut vivre de pain sec, d’amour et d’eau fraîche. On y va.
La Culture n’a cependant pas attendu la mise en place des organisations qui lui sont dévolues pour progresser, pour avancer. Dans notre ère industrielle et technologique, si les aides ont été diverses, les créateurs n’ont fait défaut et l’art, sans cesse, a proposé des nouveautés, comme s’il était impossible qu’il en fût autrement.
Un jour, un politique a eu cette phrase extraordinaire à la télévision : « Vous vous rendez-vous compte qu’aux Etats-Unis, il n’y a même pas de ministère de la Culture ! ». Notre décideur prétendait montrer à quel point les américains étaient arriérés sur ce plan. Cette phrase peut pourtant faire réfléchir quand on mesure à quel point la culture nord américaine est omniprésente ! Musique, films, cuisine, mode de vie, langage, nous sommes littéralement imprégnés de culture américaine. La plupart du temps, d’ailleurs, on s’en plaint. Ajoutons que la culture étatsunienne est diverse, constituée de mouvements majoritaires à forte saveur commerciale, mais aussi d’une avant-garde bien réelle, de films d’auteurs, des livres de merveilleux écrivains. Sur le plan musical, le XXe siècle a vu ce grand pays apporter des innovations majeures qui ont fait florès, telles que le blues, le jazz et beaucoup d’autres.
Sans prétendre que les Etats-Unis ne subventionnent pas du tout leur culture, puisque une quarantaine de milliards d’euros sont consacrés à ce secteur, on peut dire que son développement repose essentiellement sur l’activité économique qu’elle génère. La question de son émergence se pose donc, puisque la nouveauté et l’innovation ne sont généralement par porteur commercialement.
L’histoire est riche des légendes de ces artistes à l’allure romantique, travaillant le jour pour subsister et créant la nuit, dans l’intimité de leurs ateliers ou dans la fumée des bars à concert, les mouvements artistiques qui triompheront des années plus tard. De nombreux grands bluesmen sont morts dans la misère, tel Blind Lemon Jefferson, mort de froid, Sleepy John Estes dans sa cabane de planches, ou Arthur Big Boy Cruddup. Ces difficultés matérielles n’ont jamais empêché le jaillissement de leur art, il est même possible qu’elles l’aient favorisé ! La souffrance est si bien imbriquée dans la puissance émotionnelle de l’art qu’on doit se demander si elle n’est pas en partie nécessaire à son avènement.
A l’inverse, des tentatives de subvention d’état trop omniprésentes ont pu nuire à la création artistique. En URSS, le pouvoir s’est occupé de nourrir un art officiel… et de censurer et réprimer ceux qui n’y adhéraient pas ! On peut presque schématiser le résultat en disant que tous les grands artistes russes de cette époque faisaient partie de la seconde catégorie.
Parlons de la culture de la rue, celle qui émerge en se nourrissant seulement d’elle-même. Les mots, les peintures et les musiques, les danses nouvelles fleurissent dans les secteurs les plus défavorisés. Les pratiques culinaires voient également le jour, inspirées par les métissages. Les politiques tentent souvent d’empêcher cette culture de prospérer, au nom des conservatismes, au nom de la pureté de la langue, au nom de la peur qu’ils ont de ces codes qu’ils ne comprennent pas. Mais jamais rien ni personne n’a pu l’empêcher de naître, pas plus qu’on arrête le mouvement de la marée avec des châteaux de sable.
Citons le cas de l’Afrique, continent le plus pauvre. Les politiques africaines visent à l’émergence économique plutôt que culturelle, pour des raisons de priorités qui sont évidentes à beaucoup. Et pourtant, quel foisonnement ! L’Afrique propose une richesse culturelle qui éblouit tous ceux qui s’y intéressent. Les merveilles de l’Art africain, sa musique, ses modes de vie ne sauraient être considérés comme « sous-développés » malgré toutes les difficultés économiques rencontrées.
On voit donc que l’émergence culturelle ne peut que survenir quand elle le doit. Qu’il soit nourri de pain sec ou de brioche à la confiture, quand un artiste porte en lui la fulgurance de l’art de demain, cet art surgira ! Celui-là sera ou ne sera pas reconnu, mais un autre le sera inéluctablement. L’art et la culture ne peuvent que jaillir, en dépit des aides matérielles et parfois malgré elles !
Un jour, un politique a eu cette phrase extraordinaire à la télévision : « Vous vous rendez-vous compte qu’aux Etats-Unis, il n’y a même pas de ministère de la Culture ! ». Notre décideur prétendait montrer à quel point les américains étaient arriérés sur ce plan. Cette phrase peut pourtant faire réfléchir quand on mesure à quel point la culture nord américaine est omniprésente ! Musique, films, cuisine, mode de vie, langage, nous sommes littéralement imprégnés de culture américaine. La plupart du temps, d’ailleurs, on s’en plaint. Ajoutons que la culture étatsunienne est diverse, constituée de mouvements majoritaires à forte saveur commerciale, mais aussi d’une avant-garde bien réelle, de films d’auteurs, des livres de merveilleux écrivains. Sur le plan musical, le XXe siècle a vu ce grand pays apporter des innovations majeures qui ont fait florès, telles que le blues, le jazz et beaucoup d’autres.
Sans prétendre que les Etats-Unis ne subventionnent pas du tout leur culture, puisque une quarantaine de milliards d’euros sont consacrés à ce secteur, on peut dire que son développement repose essentiellement sur l’activité économique qu’elle génère. La question de son émergence se pose donc, puisque la nouveauté et l’innovation ne sont généralement par porteur commercialement.
L’histoire est riche des légendes de ces artistes à l’allure romantique, travaillant le jour pour subsister et créant la nuit, dans l’intimité de leurs ateliers ou dans la fumée des bars à concert, les mouvements artistiques qui triompheront des années plus tard. De nombreux grands bluesmen sont morts dans la misère, tel Blind Lemon Jefferson, mort de froid, Sleepy John Estes dans sa cabane de planches, ou Arthur Big Boy Cruddup. Ces difficultés matérielles n’ont jamais empêché le jaillissement de leur art, il est même possible qu’elles l’aient favorisé ! La souffrance est si bien imbriquée dans la puissance émotionnelle de l’art qu’on doit se demander si elle n’est pas en partie nécessaire à son avènement.
A l’inverse, des tentatives de subvention d’état trop omniprésentes ont pu nuire à la création artistique. En URSS, le pouvoir s’est occupé de nourrir un art officiel… et de censurer et réprimer ceux qui n’y adhéraient pas ! On peut presque schématiser le résultat en disant que tous les grands artistes russes de cette époque faisaient partie de la seconde catégorie.
Parlons de la culture de la rue, celle qui émerge en se nourrissant seulement d’elle-même. Les mots, les peintures et les musiques, les danses nouvelles fleurissent dans les secteurs les plus défavorisés. Les pratiques culinaires voient également le jour, inspirées par les métissages. Les politiques tentent souvent d’empêcher cette culture de prospérer, au nom des conservatismes, au nom de la pureté de la langue, au nom de la peur qu’ils ont de ces codes qu’ils ne comprennent pas. Mais jamais rien ni personne n’a pu l’empêcher de naître, pas plus qu’on arrête le mouvement de la marée avec des châteaux de sable.
Citons le cas de l’Afrique, continent le plus pauvre. Les politiques africaines visent à l’émergence économique plutôt que culturelle, pour des raisons de priorités qui sont évidentes à beaucoup. Et pourtant, quel foisonnement ! L’Afrique propose une richesse culturelle qui éblouit tous ceux qui s’y intéressent. Les merveilles de l’Art africain, sa musique, ses modes de vie ne sauraient être considérés comme « sous-développés » malgré toutes les difficultés économiques rencontrées.
On voit donc que l’émergence culturelle ne peut que survenir quand elle le doit. Qu’il soit nourri de pain sec ou de brioche à la confiture, quand un artiste porte en lui la fulgurance de l’art de demain, cet art surgira ! Celui-là sera ou ne sera pas reconnu, mais un autre le sera inéluctablement. L’art et la culture ne peuvent que jaillir, en dépit des aides matérielles et parfois malgré elles !
Et ben voilà, ce m’est joli, comme antithèse, cette affaire là. Quelques petites provocations, des grandes vérités simplifiées pour faire court et des petits exemples bien choisis ; n’oublions pas une envolée lyrique à la fin (mon goût pour le théâtre) et c’est plié !
Il ne reste plus qu’à attaquer la conclusion, mon avis tempéré, avec recherche du compromis, j’intègre la synthèse, et ouverture sur d’autres horizons.
L’émergence culturelle se nourrit d’amour, d’inspiration et du besoin qu’a l’homme de s’exprimer et de toujours chercher la nouveauté pour le faire. Elle est étroitement liée à l’humanité elle-même, à sa curiosité insatiable et à sa quête d’identité.
Qu’elle soit nourrie ou non, elle jaillira, et aucune dictature n’a jamais réussi à totalement l’enrayer.
Pour autant, c’est la fierté d’une société que d’accompagner et de faciliter cette émergence en y consacrant une partie de ses richesses. Amoindrir les budgets destinés à la guerre et gonfler ceux qui vont à la Culture est un signe de progrès. On commence à savoir que la croissance des richesses ne pourra pas éternellement être le moteur du développement du monde. On envisage de considérer l’expansion de ce qui est relatif à l’environnement, mais aussi à la culture, comme pouvant devenir ce moteur. S’il faut repenser nos fondamentaux et nos priorités pour ne pas mourir asphyxiés par l’épuisement de nos ressources, la Culture, et son développement qui semble infini, est un pilier sur lequel nous pouvons construire notre futur. Nous devons alors nous en donner les moyens, matériels et politiques.
Si une société donne des moyens à sa politique culturelle, ce n’est pas parce que l’émergence culturelle ne peut pas se nourrir que de pain sec, d’amour et d’eau, car elle le peut, en réalité. C’est parce que telle est sa volonté politique. Nous ne voulons pas seulement grossir, devenir plus fort et plus puissant, nous voulons aussi mieux comprendre ce que nous sommes, mieux nous comprendre les uns les autres, mieux vivre ensemble. Nous voulons renouveler nos émotions sans que cela conduise à des conflits culturels, nous voulons apprendre l’autre et que l’autre nous apprenne. Nous voulons que nos forces se tendent vers ces objectifs parce que nous pensons que ce sont des objectifs plus nobles, plus civilisés, plus beaux que celui de la guerre pour la puissance.
Qu’elle soit nourrie ou non, elle jaillira, et aucune dictature n’a jamais réussi à totalement l’enrayer.
Pour autant, c’est la fierté d’une société que d’accompagner et de faciliter cette émergence en y consacrant une partie de ses richesses. Amoindrir les budgets destinés à la guerre et gonfler ceux qui vont à la Culture est un signe de progrès. On commence à savoir que la croissance des richesses ne pourra pas éternellement être le moteur du développement du monde. On envisage de considérer l’expansion de ce qui est relatif à l’environnement, mais aussi à la culture, comme pouvant devenir ce moteur. S’il faut repenser nos fondamentaux et nos priorités pour ne pas mourir asphyxiés par l’épuisement de nos ressources, la Culture, et son développement qui semble infini, est un pilier sur lequel nous pouvons construire notre futur. Nous devons alors nous en donner les moyens, matériels et politiques.
Si une société donne des moyens à sa politique culturelle, ce n’est pas parce que l’émergence culturelle ne peut pas se nourrir que de pain sec, d’amour et d’eau, car elle le peut, en réalité. C’est parce que telle est sa volonté politique. Nous ne voulons pas seulement grossir, devenir plus fort et plus puissant, nous voulons aussi mieux comprendre ce que nous sommes, mieux nous comprendre les uns les autres, mieux vivre ensemble. Nous voulons renouveler nos émotions sans que cela conduise à des conflits culturels, nous voulons apprendre l’autre et que l’autre nous apprenne. Nous voulons que nos forces se tendent vers ces objectifs parce que nous pensons que ce sont des objectifs plus nobles, plus civilisés, plus beaux que celui de la guerre pour la puissance.
Terminé ! Je relis un coup... mmmmh... Ah saleté d’orthographe ... mouais ... Si on veut... bien, ça ! ok... Bon, je ne ferais pas mieux, je rends la disserte. Ouf, je vais aller boire un coup.