Ode à Jule et Léon
Jule passe bien sur la pellicule, c'est un don. Léon joue de l'accordéon et il n'est pas ridicule. Jule danse tel un funambule sur le câble en nylon que lui tend Léon.
Jule nous bouscule par sa chanson, Léon définit le diapason et le note dans un fascicule. Ces deux aimables crapules accumulent les apparitions. Ils annulent les vestibules et les salons et donnent confirmation dans tous les bistrots du canton.
Jule articule et recule les limites de la diction, Léon manipule son accordéon et module dans tous les tons. Mais pas besoin de partition pour nous secouer les globules.
Les noctambules de la région déambulent et tournent en rond jusqu'à ce qu'ils trouvent Jule et Léon. Ils stoppent alors leur véhicule et entrent là où il fait bon. Tandis que leur cœur ondule, ils boivent une potion. Même quand ce n'est pas la canicule, ils en offrent une bonne portion à Léon et aussi à Jule, simple question de correction.
Finalement quand la pendule marque le réveil de l'astre blond, il est bon que chacun circule pour revenir à sa maison. Cependant, sans conciliabule, on jette un ou deux ronds dans le chapeau que tend Jule, pour encourager la passion. Ce pécule servira, sans scrupule, à mettre des bulles dans un grand verre de Picon, à faire le plein du camion et à acheter un nouveau pull pour l'hiver et son grand frisson.