la plus belle chanson du monde : I'm a free man
Freddie McKay
Et puis la batterie lance un fla. C'est le drapeau du starter, le miaulement du chat de Bruce Lee, ça commence! Et la voix de Freddie McKay déboule et vous cueille, malgré toute cette préparation. On avait bien crié gare, mais la surprise est là tout de même, dans le son d'un enregistrement vieilli qui craque de partout tellement il a servi. Un vieux cuir qui nous protège mieux que personne. "I was born in this world..."
L'orgue continue son bonhomme de chemin, comme si de rien n'était, mais la basse et la guitare ont changé d'allure. Dame, on n'est plus dans l'intro! Et ces contrastes rythmiques qui s'additionnent provoquent des fourmillements dans les parties intimes tandis que cette voix est portée par le groove comme les eaux porteraient les pieds d'un prophète.
"like they should do to me, I'm a freeeee, I'm a free maaan" C'est sur ce freee qu'on repasse sur la dominante et sur ce maaan qu'on revient sur la tonique. Toujours pas de révolution harmonique, mais un chœur qui est venu vous prendre à revers pour donner à cette phrase, une des plus belles du monde, la force d'un sermon sur la montagne. Et la chose est répétée, implacable, merde, c'est beau.
Sur un nouveau fla de batterie, on passe alors sur la sous-dominante, moment fort du blues et tension qui monte d'un bon cran. "People see the man is black..." Quatre phrase sur cet accord dont la dernière fait rebondir la mélodie avant de repasser sur "I'm a freeeee, I'm a free maaan" dominante-tonique, bonheur aussi parfait que la cadence. Ça faut 457821 fois que je réécoute la chanson, j'en connais les recoins, mais je suis toujours aussi ravi (c'est à dire enlevé au ciel) à l'écoute de ce freee maaan.
Après un court passage instrumental sur la tonique, le passage en sous-dominante suivi de sa cadence parfaite et répété, et puis c'est tout. On finit sur un ad lib de "freee maaan" qui shunte et voilà. On ne peut pas plus simple et plus beau.