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mon classement des albums 1
Après mon classement des guitaristes, je me lance dans le classement des meilleurs albums de tous les temps, comme Rolling Stone. Évidemment, ce n'est pas facile. Je ne connais pas
tous les albums qui existent depuis tous les temps, contrairement à Rolling Stone (parce que Rolling Stone, il a oublié d'être con, lui). Je sais donc parfaitement qu'il y a des tas et des tas d'albums qui sont tout aussi meilleurs que ceux de mon classement et qui n'y figurent pourtant pas, pour la bonne raison que je ne les ai jamais entendus! Et toc!
En plus, il y a tous les supers bons albums
que je n'aime pas! On ne peut pas juger quelque chose ou quelqu'un qu'on n'aime pas, tous les critiques sérieux vous le diront. Donc, exit les chefs-d’œuvre qui n'ont pas eu l'heur de chatouiller mon oreille, certes éclectique, dans le bon sens de son poil. Mais j'étais déjà tombé dans le même travers pour mon classement des guitaristes. Je suis sûr que d'aucun y ont vu des manques béants et se sont surpris de n'y trouver ... ni ... Ben oui! Comme tout le monde, j'ai mes têtes et ma tête de con, mais j'avais signalé d'emblée une objectivité toute... relative, laquelle vaut tout autant pour le présent classement.
D'un autre côté, le classement des albums (une œuvre) est quand même plus honnête et pertinent qu'un classement des guitaristes (des artistes). Ben oui, une œuvre est bonne ou pas, une fois pour toute. Un artiste, il y a des jours où il est bon, et d'autres où il est nul comme une botte. Des jours où c'est pas ça, où il a la gueule de bois ou une gastro ou il est pas amoureux ou je sais pas moi... des jours sans. Le meilleur du monde, des fois, il joue comme le pire de la galaxie! ou le contraire! (ne rêvons pas, ça doit arriver moins souvent). Donc, juger un artiste, c'est vachement sujet à caution. Pour peu que l'on soit tombé le jour de la gastro, on aura vite fait de le taxer d'artiste chiant qui manque de tripe! Au moins, les disques et les chansons, quand ils ont la gastro, c'est pour l'éternité.
Voici donc mon classement des albums. Comme d'habitude, je me refuse à ordonner ce classement, donnant les titres en foutoir, comme ça me vient. Par contre, je m'impose une petite contrainte supplémentaire, celle de ne proposer qu'un seul album par artiste, de façon à limiter les dégâts (sinon, j'y suis encore à la Noël).
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The Rolling Stones: Sticky Fingers. Je choisis celui-ci, un peu par provocation, car parmi les cinq albums qui peuvent prétendre au titre à cette époque (la grande période des Stones) ce n'est pas souvent celui-ci qui est mis en exergue par les critiques. À cette époque donc (fin des sixties et début des seventies), les Stones jouent avec un nouveau guitariste : Mick Taylor. Le mélange produit est des plus réussi, d'autant que les autres Stones sont dans leur meilleure veine créatrice. Ils enregistrent dans leur studio mobile avec Glyn Jones, leur tripoteur de boutons favori. Le son est tranchant comme un rasoir, c'est le son du rock posé là comme une référence qu'on ne fera plus que décliner. Mick Taylor, le petit jeune, participe drôlement (Sway, Can You Hear Me Knocking) mais ne sera pas crédité à la hauteur de ses mérites. Il en prendra ombrage et partira en 1974. La pochette est d'Andy Wharol. Ça paraît fou, mais elle fit scandale!
L'album parle de drogue, de drogue, d'amour dans la drogue, de drogue dans l'amour, et d'amour. Il y a des tubes (Brown Sugar), des chansons déchirantes à pleurer (Wild Horses, Sister Morphine), des blues particulièrement bien sentis (You Gotta Move, I got the blues), du rock (Bitch) et du country-rock (Dead Flowers). Que du bon! Pour ma part, je craque sur "Can you hear me knocking", réussite absolue, avec une première moitié complètement Keith Richardienne et une deuxième moitié complètement Mick Taylorienne (qui évoque Carlos Santana). Du très grand art.
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Elvis Presley: the sun sessions. L'œuvre d'Elvis est jalonnée de réussites. Même à la fin de sa vie, obèse et essoufflé, il lui arrivait souvent d'être grandiose, y compris sur des guimauves dégoulinantes que seul son génie pouvait sauver. Les enregistrements sun sont cependant particuliers. Il s'agit de ses premiers enregistrements. Il y crée le rockabilly en mélangeant la guitare country du génial Scotty More, la basse slappante de Billy Black et son propre feeling proche de celui des chanteurs de Rhythm and Blues. Contrairement à ce que dit la légende, cette alchimie ne s'est pas réalisée d'un coup de baguette magique. Elle fut pensée et élaborée par Elvis et Sam Phillips, le manager de Sun Records. Les sessions répondent à une exigence architecturale réfléchie. Un titre plutôt noir, un titre plutôt blanc de façon à toucher le maximum de public. Les réussites abondent dans les deux cas (That's All Right Mama, Baby Let's Play House, Good Rockin Tonight, Blue Moon Of Kentucky, I Don't Care if the Sun Don't Shine, etc, etc...). Certains de ces titres sont carrément des blues "rockabillifiés" par cette dream team. Keith Richards considérait le solo de Scotty More sur "I'm Left You're Right She's Gone" comme une des merveilles du monde.
Avec cette musique, Elvis déchaîna les passions des foules lors de ses gigs, mais ce ne fut que l'année d'après, en 1956, qu'il devint le phénomène que l'on sait. Il faisait alors partie d'un autre maison de disque et enregistrait une musique légèrement différente : le rock'n'roll.
Elvis Presley, Bill Black, Scotty More et Sam Phillips
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The Beatles:
With The Beatles. Pas facile de choisir un disque des Beatles parmi les autres. C'est qu'ils sont tous différents, tous intéressants et pas facilement comparables! Il y a quelques chansons ratées, mais c'est vraiment la minorité.
J'ai donc choisi "With The Beatles". J'aime cet album à cause du son. Il conserve la fraîcheur de son prédécesseur ("Please Please Me", premier album du groupe) mais en y ajoutant du métier glané depuis. En effet, un jour de mauvaise humeur, on pourrait reprocher à son successeur ("A Hard Day's Night", premier album entièrement composé par eux) d'être un poil trop "professionnel". Mais ce deuxième opus, datant de 1963, est tout simplement idéalement équilibré. La pochette est une des meilleures des Beatles. Une réussite dans un domaine où les Beatles étaient très exigeants. La photo est tout simplement magnifique, jeu de lumière inspiré de leurs photos de jeunesse à Hambourg par Astrid Kirchher.
Sur 14 chansons, 8 sont écrites par les Beatles eux-mêmes, ce qui était exceptionnel à l'époque. Aujourd'hui, tout le monde se prétend capable d'écrire des albums entiers et quand vous faites des reprises, on vous dit que vous n'êtes pas créatif! Incroyable! La faute en incombe un peu à nos quatre drôles qui ont fait croire à tout le monde qu'on pouvait composer des chefs-d’œuvre à la chaîne, à l'arrière d'une camionnette, en se rendant au prochain concert. Mais tout le monde n'est pas Lennon/McCartney!
Il y en a un qui essaye, cependant, et qui y arrive assez bien, c'est George Harrison qui donne ici sa première composition, excellente, "Don't Bother Me". Pour le reste, on se partage entre le très bon rock'n'roll (Roll Over Beethoven) et le rhythm and blues façon tamla motown (You Really Got A Hold On Me, Money, Mr Postman) qui est, à mon sens, la première influence de nos fous chantants à cette époque. Un ovni (Till There Was You) se trouve illustrer le goût de Paul McCartney pour les comédies musicales de broadway, c'est une reprise intéressante qui montre l'étendue de la palette des Beatles.
De toute façon, le son et l'enthousiasme sont géniaux de bout en bout. La guitare rythmique de John, la basse mélodique et novatrice de Paul, et l'accord miraculeux des sonorités de leurs voix en sont responsables. Ajoutons le talent du producteur George Martin, qui sait les guider ou leur laisser la bride sur le cou en fonction des besoins, et on en arrive à cette conclusion : les miracles, ça existe!
En 1964, les Beatles jouent à Paris,
en première partie de Sylvie Vartan.
Au cours d'un prochain article, je continuerai mon classement des meilleurs albums.