michel z, Chanteur de Blues > Aventures > Les enfants de Sancho (Don quichotte, le 15, 16 et 17 mai 2009)

Le programme de la gig

Rock Me Babe
Ain't No Sunshine
Before You Accuse Me
Proud mary
Gone Gone Gone
Jumping Jack Flash
Spirit In The Material World
Hoochie Coochie Man
Bankruptcy
Roadhouse Blues
Jeanie, Jeanie, Jeanie

Les enfants de Sancho

Diner de tête

Une grande affaire, ce week-end national des enfants de Don Quichotte. Il faut croire que certains moulins à vent sont sensibles aux arguments des chevaliers faméliques, car à Caen, les revendications ont été satisfaites, et beaucoup de logements ont été trouvés pour les SDF.

michel z au week-end des Don Quichotte

Évidemment, il reste beaucoup à faire et c'est pourquoi nous étions là,

les gars de l'association,
les bénévoles,
les gens de la rue,
les musiciens,
les politiques,
les autres associations,
les gens de la galère,
les photographes,
les batisseurs de cathédrales,
les démolisseurs d'idées reçues,
les rôtisseurs de saucisses,
les moutardeurs de saucisses,
les bouffeurs de saucisses,
les combattants du bon sens,
les chiens,
les monteurs-démonteurs de tentes,
les organisateurs,
ceux qui donnent des sueurs aux organisateurs,
les serveurs de limonade,
les cons,
les sonorisateurs,
ceux qui donnent des sueurs aux sonorisateurs,
les brillants causeurs,
ceux qui ont plus dans la tête que dans les poches,
les instits qui font du blues,
les instits qui font de la photo,
ceux qui ont tout parfaitement planifié leur vie jusqu'à la fin de cette cannette, après on verra bien,
les sans logis,
les mal logés,
ceux qu'on a libéré d'un travail pénible chez Moulinex ou ailleurs et qui, pour tout remerciement, creusent le déficit de l'assurance chômage et de la sécurité sociale,
ceux qui croient que c'est en écrivant des bouquins qu'on lutte contre les multinationales qui les traitent comme on oserait pas le faire d'un chien,
ceux qui n'ont de toute façon pas d'autre moyen de lutter,
ceux qui finiront par avoir raison mais qui ne seront peut-être plus là pour le voir,
ceux qui tartouillent sur Prévert pour écrire leur article,

nous étions là pour ce week-end au soleil et au vent. Manquait un peu la foule. La foule qui aurait pu faire, par son poids, qu'on établisse plus de chez eux pour ceux qui n'en ont pas. Ils étaient où les gars de la foule? ben... chez eux sûrement.

Photos, livres, musiques

Je ne fus pas présent les trois jours, mais j'eus l'occasion de voir quelques artistes parmi la palanquée qui avait répondu à l'appel des sans abris.
Samedi, j'assistais à quelques moments du show de Gullivan. Il jouait tout seul, une fois n'est pas coutume, avec sa guitare, sa voix et ses pieds. Un sacré musicien. J'adore ses glissés de pieds, genre balais de batterie, mais aux pieds. Il doit avoir développé des muscles spécifiques, à des endroits insoupçonnés...
Ensuite, je me suis rendu au chapiteau CREA pour ma gig de samedi.
Dimanche, après avoir dévoré une nouvelle saucisse garnie de sa moutarde et de ses oignons, je discutais pas mal avec des gens intéressant, notamment un photographe du nom d' Alain Malfilatre. Il prend d'extraordinaires photos des SDF, et en plus il parle très bien de ce qu'il fait sur son blog http://alainmalfilatre.canalblog.com/. Je dois dire que ce blog me plaît beaucoup. Alain m'a également donné une photo qu'il a prise de moi lors du week-end Don Quichotte en avril. Elle est magnifique!
J'assistais ensuite à la lecture d'un livre "nous ne sommes pas une fiction" par des anciens de Moulinex, des chômeurs et des précaires. C'était vraiment un grand travail, et ça m'a un peu ému. Ce livre pose la question de savoir comment survivre à ce tel manque de considération élémentaire. Que devient-on? Que veut-on devenir? Qu'aurait-on souhaité devenir?

J'écoutais ensuite le groupe Mockery Box. J'avais déjà entendu ce nom car ils ont joué à la Mama la semaine après moi, mais c'était la première fois que je les écoutais. Grande découverte! Je suis fan! Une chanteuse, un guitariste et un bassiste. Tous époustouflement jeunes. Musique folk, mélodie, poésie, le tout dans la magie, une émotion, une simplicité, direct au cœur... Je n'ai plus qu'une envie, les croiser de nouveau! ça devrait se faire, ils vont certainement jouer au Niouzz dans pas bien longtemps.

Tandis que le débat politique faisait rage, un petit bœuf s'improvise à proximité de la sono. Francis saisit sa guitare de gaucher et attaque quelques blues avec les gars de "Antre de Monde". Une envie irrésistible de chanter me prend aux tripes et me les tord de sa patte impitoyable. Mais, petit problème, je suis justement au téléphone avec Delphine. Que faire? Je ne vais tout de même pas lui raccrocher au nez! Alors je me mets à chanter, tant pis, tandis qu'elle reste en ligne, les paroles de "Walking Blues" qui s'adaptent bien sur ce que jouent nos jammeurs. Au moins elle a profité du bœuf d'une façon originale, par téléphone! Un moment sympa...

Après le débat avec les politiques, c'était notre tour, à Sylvain et à moi, de nous exprimer. Une gig un peu écourtée, car il fallait bien rattraper le retard. Mais le bonheur n'est pas toujours dans la longueur. J'ai beaucoup apprécié cette gig. En plus, le groupe Mézig venait de faire sa balance, et le guitariste m'a prêté son ampli pour gagner du temps sur l'installation. Il a un excellent matériel bien meilleur que le mien et il m'a réglé un son tout juste pour moi, aux petits oignons, par le truchement de ses 8751 pédales d'effets connectées à un superbe ampli Rivera à lampes. Il m'a même fait l'amitié de scotcher ma liste de chansons sur le retour pour que je la lise plus facilement, la classe!

Justement, après nous, c'était au tour de Mézig de donner de la voix. Trois musiciens, un batteur, un bassiste et donc le guitariste chanteur. Moi qui adore le groove, les rythmiques solides et cohérentes, j'ai été servi! Un bassiste et un batteur tout simplement parfaits! Rigueur métronomique alliée à l'imagination, mais dans la simplicité, et sans esbrouffe. Ajoutons la qualité du son et tous les ingrédients sont réunis pour un bon matelas rythmique sur lequel s'étendent les textes très fouillés et poétiques de Jacques, le guitariste chanteur. étant donné que le bonhomme est également très sympa (voir plus haut), on se dit que voilà une autre belle rencontre. De fait, nous avons causé avec lui un moment par la suite, avec Isabelle Vauvarin, et j'ai bien apprécié.

Ce fut ensuite le tour du groupe Antre de Monde dans lequel chante mon ami Anthony. C'est du rock français, avec des textes poétiques rebelles. L'energie d'Anthony est tout simplement incroyable. Il saute, il hurle, il virevolte tout en gardant la qualité de sa voix. Les autres ne sont pas en reste... un groupe de rock! Le son était un peu juste au début mais s'est réglé ensuite ce qui permettait d'apprécier le groupe au mieux. C'est toujours délicat pour les sonorisateurs dans ces festivals. Les groupes se succèdent, ils sont très différents et les balances sont faites à l'arrache. Résultat, le son se règle souvent en cours de set. Francis était au commande de la régie, bénévolement, précisons-le. Thierry, venu sonoriser Spoonful lui a donné un coup de main.

Francis, donc, me hêle tandis que jouent les groupes et me propose un p'tit duo au Café de l'Orne, un jour, à l'heure de l'apéro. Voilà une idée qui me plaît fort! Peut-être les quelques instants de bœuf de l'après-midi lui ont donné cette idée? En tout cas, je la retiens et j'en cause à Loïc, patron du Café de l'Orne, dès que possible.

Dans la nuit, j'écoute trois morceaux de Spoonful avant de lever le camp. Je tire mon chapeau à ce groupe très connu, qui est venu jouer le dimanche soir pour les enfants de Don Quichotte avec tout son professionalisme, c'est vraiment généreux.