michel z, Chanteur de Blues > Aventures > Une sainte, des motos et un coq en pâte (Picauville, les 9 & 10 mai 2009)

Le programme des gigs (un peu dans le désordre)

Sweet Home Chicago
Dimples
Rock Me Babe
Drink Me Between Two Whiskies
Ain't No Sunshine
Before You Accuse Me
You Can't Catch Me
Keep Your Hands Off Her
Lucille
She's Gone
Proud Mary
Witch Doctor
Sure Nuff And Yes I Do
Gone, Gone, Gone
Summertime Blue
Spirit In The Material World
Revolution
Get Back
I Just Wanna Make Love To You
Superstition
Bankruptcy
Bo Diddley
Hip Shake
I'm Ready
Roadhouse Blues
Riders On The Storm
Hoochie Coochie Man
Mojo Working
Roxanne
Rollin And Tumblin
What d'I Say
Long Tall Sally
Whole Lotta Shakin Going On
Jeanie, Jeanie, Jeanie
Satisfaction
Jelly Roll
Stray Cats Strut
I'm a King Bee
Hallelujah
Armstrong
Allons à la campagne
La confiture
Marcelle
Aragon et Castille
Les bourgeois
Les cactus
Est-ce que tu le sais
Amsterdam
Les filles des forges
Les prisons de Nantes
La jument de Michau
Santiano
Georgette

Une sainte, des motos et un coq en pâte

Cela s'appelle "la Jeanne d'Arc" et c'est tous les ans, à Picauville. Une grande fête qui anime ce village de 2500 habitants. En cette année 2009, j'ai eu la chance d'en faire partie. Ce fut un feuilleton à épisode, un combat en plusieurs reprises, bien rock'n'roll, j'aime ça.

michel z et les charity beans à Picauville
À la fête Jeanne d'Arc à Picauville

Le décor

À l'approche de l'endroit, on aperçoit deux directions, Picauville Église et Picauville tout court. Prendre Picauville tout court (sauf éventuellement le dimanche matin). La fête se déroule dans le gros hameau de Pont l'Abbé.
Picauville, c'est la ville des fous. En effet, le village abrite une antenne du Bon Sauveur. De nombreux patients parcourent donc les rues. Néanmoins, on nous a laissé repartir, ce qui est rassurant quelque part .

Pour cette édition 2009, le soleil est au rendez-vous. Cependant, on essuie par moment un petit vent assez frisquet. Mai, c'est mai, mémé, mais il faut se méfier quand même.
Lorsque nous arrivons, de nombreux forains occupent la place avec leurs manèges et leurs auto-tamponneuses. Punching ball pour taper dedans super fort histoire de prouver qu'on est un vrai mec, stand de tir à la carabine pour montrer que sa puissance fait mouche, pêche au canard (curieusement boudée par les gars qui punch le ball ou qui tirent à la carabine) et autres réjouissances sympathiques.

Les saucisses grillent déjà, et la moutarde frémit d'impatience dans son pain. Qu'une saucisse vienne s'y loger, bien au chaud, et elle s'y laisse émoustiller avant de se faire dévorer par une bouche avide de sensations piquantes.

Au moment où nous entrons en avant scène, une friteuse a le mauvais goût de s'incendier dans le voisinage immédiat de ma petite scène. Une friteuse frite, ça ne donne pas la frite. Rien de grave pour finir, sinon une odeur déagréable de brûlé et d'extincteur mélé qui finit par se dissiper.

Avant-goût au bar "Le central" en attendant l'heure de la gig. Nous chantons avec Rolland, personnage haut en couleur.

Échauffement avant le premier round

Le matos installé et réglé, je vois Romain, le flûtiste, qui arrive et qui bourlingue vers le bas du bourg. Pas de bourre, il se rend au bar, le central, car ce n'est autre que son cousin qui cheffe cet endroit. Je le rejoins donc dans cette noble quête familiale et c'est de concert que nous buvons religieusement un verre à la santé du cousin Fredo (et de sa nombreuse famille). Romain me demande si ça me branche de jouer quelques morceaux en attendant notre heure. J'accepte d'autant plus volontiers que le cousin est particulièrement sympathique et que son bar me plaît bien. Nous voilà donc partis à nous échauffer la voix! Belle entrée en matière en vérité! Picauville, nous voici! Que crâment tes friteuses mais que tes habitants ne changent pas, ils sont gais et festifs!

Premier round - pas dans la même catégorie

J'ai une petite sono qui est parfaite pour les bars où je me commets ordinairement. Pour jouer dehors, c'est un peu juste, mais ça peut aller. On arrose les alentours proches et on s'en sort bien comme ça. Maintenant, si un forain balance la purée de sa sono à lui juste à côté, ça devient beaucoup plus délicat. Or là, des forains, il y en a plein! Eux et moi, on ne boxe pas dans la même catégorie!
Mais bon, celui qui est juste à côté éteint sa sono et celui de derrière la baisse un chouilla. Résultat, ça passe, il suffit au public d'orienter ses oreilles directives dans le bon sens, et il peut choisir entre les différents canaux à disposition: boum boum électronique de baluche et d'auto-tamponneuse ou blues et rock'n'roll, sauce haricot de la charité.
En fait, c'est le froid qui nous fait quelques misères. Il suffit de peu, en effet pour que les doigts soient gourds. Rien de grave quand on les utilise à se chauffer autour d'une saucisse, mais quand on les fait courir sur l'épine dorsale d'une flûte ou sur le manche d'une guitare, ça devient plus gênant.
Mais les vents contraires ne sont pas là pour arrêter la marche du navire et c'est fièrement que nous tenons le cap.

Pendant la pause feu d'artifice, nous voyons les dernières minutes du match Rennes-Guingamp, finale de la coupe de France, qui voit la victoire des bretons! (hahaha, je savais bien que j'allais faire une blague avec ça).

Deuxième round - un after

La gig finie, le matos rangé dans la camionette de la municipalité, nous décidons d'aller se taper l'after chez Fredo. Ah le bel after! Il Commence par une belle saucisse moutardée accompagnée de frites frites sur une friteuse non frite. Il se poursuit avec des chansons, notamment des bretonnes, c'est de circonstance.
Les gars du bistrot font tourner le chapeau au son de la Jument de Michau et on se fait plaisir chez Fredo.

Une fois sortis de ces improvisations, je m'en vais passer la nuit à l'hôtel des voyageurs, unique hôtel de Picauville. Tel un coq en pâte, je profite de cet accueil chaleureux et attentionné, magistralement prévu par le comité des fêtes. Merci notamment à Amélie, Stéphanie et Kevin! ça fait du bien par où qu'ça passe et je dors comme un loir.

Troisième round - Harley Davidson

Le lendemain, je rejoue à 15h00 chez Fredo. Ce sera quand même plus facile qu'à côté des sonos survitaminées des forains. En attendant, je flâne dans le petit matin (il est super tôt, genre 11h30) et comme la ville s'éveille dans les vapeurs de la veille, les réjouissances de la journée de dimanche se mettent en place.

Par exemple, ce sont les bikers ! Dix motards sur de magnifiques Harley Davidson rutilantes. J'adore ça! Une équipée sauvage de grande allure.

Il y a aussi deux clowns qui arrivent de loin, en train. Le temps est magnifique et tout en mordant dans ma saucisse moutardée, je me dis que c'est cool la vie de musicien.

Dernier round - Georgette

Romain m'avait averti de la présence de sa grand-mère Georgette chez Fredo. Georgette vient de fêter ses quatre-vingt cinq printemps ce samedi, en pleine forme. Elle m'écoute donc lui chanter "Georgette", une bonne vieille chanson du temps des Dissidents.

J'ai en effet attaqué cette gig par un peu de chanson française. Je la termine néanmoins par les trucs habituels, blues et rock'n'roll, car c'est ce qui convient au moment. Les chansons françaises, c'était plutôt pendant l'after du samedi.
La gig se déroule en pointillé. En effet, un cortège composé des majorettes, de la fanfare, d'un superbe char "Easy Rider", d'une calèche emmenant les princesses de Picauville et de l'équipée sauvage passe et repasse auprès de nous. À chaque fois, je dois évidemment m'arrêter car je n'ai aucun goût pour les concours de celui qui fait le plus de bruit. Rien n'indique d'ailleurs que j'ai une quelconque chance de l'emporter.

Il arrive alors quelque chose d'intéressant. Entre deux passages de la parade, je trouve l'état de grâce. Tout réussi, tout passe bien, je suis en pleine forme. La voix est bonne, les morceaux s'enfilent avec l'évidente simplicité d'une collection de perles autour du cou d'une princesse de Picauville. Cela fait bien la joie de Fredo et la gig se termine idéalement. Un vrai bonheur.

Pas si fous

Un week-end de rêve donc, dans cette ville où ils ne sont pas si fous et où j'espère rejouer bientôt...