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Captain Beefheart - Safe as Milk

Voilà un disque bien étrange. Ce "Safe As Milk" est aussi dangereux que du poison à 100° d'alcool. C'est le premier album du Captain Beefheart.

Le Captain portait souvent un chapeau haut de forme (justement pas sur la pochette de cet album...). C'est un chapeau que je n'ai jamais vu sur la tête de mon maître Thelonious qui en a pourtant utilisé une sacrée collection. Il se rapproche donc de lui en s'en éloignant. Je n'ai pas du tout pénétré dans le personnage du Captain comme j'ai pu le faire avec Thelonious, mais j'aime à imaginer des similitudes entre ces deux dingos.

Quand j'écoute le premier morceau "sure nuff n yes i do", je me dit, "man, mais c'est du blues!". Et j'ai bien raison. C'est Ry Cooder qui fait la guitare, ça explique bien des choses.

Ensuite, je ne me dit plus rien. J'écoute.

Dans "Zig Zag", il y a une basse en z qui me plaît. Puis le captain enfonce la pop, la musique californienne, sa voix sait tout faire. Elle est mochetbelle. Grave et zezeyante et grasse et fluette. Il faut le faire enfermer. Il change de rythme et reste dans le même. Il empierre les Stones, il cafarde les Beatles. Ça se passe en 1967, c'est à dire, l'année de "Sergent Peppers Lonely Heart's Club Band". C'est à la fois loin derrière et loin devant. Bizarre, non?

Puis vient "I'm Glad". Et là, j'aimerais bien fermer ma gueule informatiquement et exprimer quelque chose par un regard du clavier. C'est beau quoi, merde.

Ensuite, je tombe sur un festival d'étrange qui rassure, de bizarre que je reconnais, d'onomatopée inventées que je comprends tout de suite. De sons martiens qui s'engouffrent dans mon oreille comme par l'effet d'une longue habitude. Captain, enlève ton haut de forme que je vois à quel point tu es cinglé de la calebasse.

Au début de "Yellow Brick Road", j'entends la voix de Philippe Damerval. Or Philippe est plus jeune que moi, donc en 1967, il n'était pas né. Donc le Captain a inventé une machine à voyager dans le temps, c'est mathématique.

Lapigepaboum abazabazoum dans Abba Zabba, tandis que les Beatles allaient chanter Goo Goo Goo Joo. Vas-y mon captain! Demain, je ferai peut-être maigre avec Haddock, aujourd'hui je fais gras avec ton cœur de bœuf.

Par contre, les bonus m'emmerdent, comme le disque "Trout Mask Replica" qui passe pour un chef-d'œuvre. C'est sûrement moi qui n'ai rien compris. Je vais demander à mon fiston Vulcain de m'expliquer.