Encore un qui chante faux
Vraiment une journée très spéciale. Plein de choses se sont passées. Ce que j'ai préféré ce sont les remarques que Francis Marie (célèbre batteur qui était en l'occurrence à la sono) m'a servies. Ça commençait pas "tu devrais prendre des cours de chant", et s'en est suivi la critique la plus constructive qu'on m'ait jamais faite.
Rencontres
Ce fut d'abord une journée de rencontres. Par exemple, j'ai aperçu l'ami JC guitar, chanteur des Witch Doctors, qui préparait sa soirée à St Aubin. Comme ça faisait un moment que je ne l'avais pas vu, j'étais content.Au cours du spectacle proprement dit, il y a eu le chanteur Gilles Grellet que j'ai vraiment apprécié. Et pleins de rappeurs et slammeurs dont beaucoup faisaient partie de l'association "Le Tunnel" de la Grâce de Dieu. Là aussi, grande qualité.
Je n'ai pas fait de photo du slammeur. C'est dommage car je l'ai trouvé extraordinaire.
Le groupe Flower Coast Session m'a bien botté aussi.
Nous avons joué avec les charity beans (Romain à la flûte et Sylvain aux percus). Bon set, on était en forme, scéniquement et musicalement. Tout a été filmé par l'ami Vladimir. Héhé! des bonnes vidéos à récupérer!
Ensuite, ce fut au tour des amis de l'Air Éthique, eux aussi filmés par Vladimir (re Héhé).
Et puis, il y avait les amis, notamment Poppins et Isabelle Vauvarin, avec qui nous avons passé un bon moment, comme on peut le passer entre amis en écoutant de la bonne musique au soleil.
Tu devrais prendre des cours de chant
La journée se terminait, et on attendait le concert de Pascal Periz en asséchant un godet dans le hall de la brasserie "Normande".Les gars de la sono sont là. Il s'agit d' Eric Lebeau le bassiste des Bluetones et des Hoodoo Men et de Francis Marie, le batteur des Hoodoo Men. Comme on peut le voir, nous étions entre de bonnes mains!
Or donc, voici que l'ami Francis se dirige vers moi et m'aborde sans fioritures préliminaires.
"Tu devrais prendre des cours de chant, parce que tu chantes faux!"
Abasourdi, je l'entends alors me délivrer la critique la plus constructive qu'on m'ait jamais faite.
"Quand tu as commencé la balance, j'ai dis à Eric, "encore un qui chante faux!". Un peu plus tard, je lui ai dit "ce gars-là, il a quelque chose!" alors Eric m'a rétorqué qu'il faudrait savoir!
Mais ce n'est pas contradictoire, tu as un talent, quelque chose de spécial mais tu chantes faux. Tu as du métier, tu contrôles ton volume, tu as de la puissance, si tu apprends à maîtriser ta colonne d'air, tu vas faire un malheur. Tu peux ne rien faire et continuer comme ça, à jouer dans les petits endroits. Tu peux aussi travailler, t'améliorer, et là tu peux monter beaucoup plus haut, à toi de voir."
J'ai sacrément aimé entendre ce discours. Merci Francis, je vais suivre tes conseils.
Pascal Periz
Le début de soirée commençait avec la prestation de Pascal Periz dans le hall de la Normande. Il a chanté quatre chansons. C'était magnifique.Une sacrée présence, un métier. C'est un gars qui sait attraper un public. Il sait retourner les petits incidents de scène à son avantage.
Ses chansons sont belles et fortes. Quel artiste...
Drôle de soirée
Le président de l'association a alors attaqué un discours que je n'ai pas trouvé indispensable. Heureusement que pendant ce temps, Pascal s'est lancé dans une improvisation gestuelle à mourir de rire. Elle n'a pourtant pas fait rire tout le monde apparemment... La soirée commençait à devenir bizarre.La suite du programme consistait en un dîner, payant, au profit de l'association. Le tarif était un peu cher, et peu de gens avaient finalement réservé. Je faisais partie du nombre et je me dirigeais donc vers le salon oł le dîner avait lieu. Je fus arrêté à la porte par le président discoureur, cerbère blanchi, qui m'arrêta de son corps et d'une apostrophe rogue: "Vous avez réglé? Parce que c'est un dîner de bienfaisance, ici!".
Ouh lala, mon président! Je sais bien que c'est un dîner de bienfaisance, je ne connais pas, moi, ce genre de dîner de bienfaisance là... Ça m'intéresse! Je fais tâche peut-être, dans ce dîner de bienfaisance? Merci mon président, ça me fait bien plaisir, vous en êtes un autre.
Je pensais tout cela, mais in petto, car je ne voulais surtout pas mettre la merde. En fait, les musiciens ont tous été refoulés comme des malpropres à l'entrée de la boustifaille. Genre "Écoutez les gars, vous êtes biens gentil, mais un peu pouilleux. Déjà, on vous laisse jouer bénévolement dans notre sidaction, mais vous ne voudriez pas qu'on vous nourrisse en plus, et à l'œil?
Soyez sympa, vous avez bien joué avec vos ch'tites guitares nelectriques, mais maintenant rentrez chez vous et ne faites pas les fous. Vous aussi les gars de la technique, vous avez bossé comme des dingues toute la journée à sonoriser des groupes totalement différents les uns les autres, et dans l'urgence permanente. Vous devez être bien fatigués. Laissez les gens sérieux qui ont les moyens de payer entre eux et allez vous reposer!"
Voilà, c'est un peu comme ça que j'ai ressenti la chose. Et pas que moi, j'ai bien vu que Gilles Grellet faisait appel à tout son zen. Moi j'étais d'accord pour payer depuis le départ, mais j'ai bien failli partir. J'aurais peut-être dû, mais j'étais quand même curieux de ce dîner. Et puis c'est Matthieu qui m'a rattrapé. Matthieu est l'organisateur de cette journée, il a toute mon estime et je suis resté pour lui. Je suis allé payer mon président qui a bien été obligé de me laisser rentrer, vu qu'il avait oublié de préciser que la cravate était obligatoire.
Drôle de soirée (bis)
Le dîner est resté dans la même veine. Des jazzeux jouaient dans le hall et nous mangions dans notre salon, séparés d'eux par un mur pas tellement transparent. Comme ils étaient vachement bons, Pascal et moi sommes allés les écouter visuellement un brin, histoire de les applaudir de plus près.C'était vraiment du bon jazz. Les musiciens étaient très jeunes et faisaient visiblement un cacheton avec un groupe de circonstance, interprétant des standards que j'adore, le real book devant les yeux.
Je les ai trouvé un peu froids à nos encouragements. Faisait-on tâche, là encore? Et les gars, c'est bien d'être des bons musiciens qui connaissent toute leur culture jazz comme des as de l'université. Et en jouant bien et inspiré en plus! Mais vous pouvez aussi sourire à qui vous applaudit, ça vous coûtera pas plus cher.
On sait que l'un des problèmes des séropositif, c'est qu'ils sont parfois rejetés par les autres. Par ignorance et peur incontrôlée, ils sont parfois regardés comme des pestiférés. J'ai ressenti un peu ça par moment hier (toute proportion gardée) au cours de cette soirée de bienfaisance du sidaction, et je le regrette.