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Les Beatles par Alexandre Dumas



En ce moment, pas d'actualité. J'en profite pour proposer un article de fond. Aujourd'hui, une petite réflexion sur les Beatles tels que les a décrit Alexandre Dumas.

J'ai souvent entendu dire que les Beatles constituaient le premier boys band. C'est faux, bien sûr, mais c'est néanmoins une remarque intéressante. Un boys band est un groupe de garçons (jusque là, ça va) formé par casting afin de vendre plein de disques. On prend des gars qui savent chanter et danser, et qui sont très beaux gosses. On propose une variété de profils de sorte que les amateurs potentiels s'y retrouvent. Chacun pourra avoir son petit chouchou. On les fait travailler dur, on leur écrit des tubes préfabriqués et le tour est joué.
Le public visé est celui des adolescent(e)s ou plutôt préados, de huit à quatorze ans. Le genre connut un formidable succès dans les années 90, mais ce succès fut éphémère et ne laissa pas de trace durable. Le genre était beaucoup trop artificiel.
Bien!
À leur époque, les Beatles répondaient à certains de ces critères. Ils proposaient notamment une sélection de profils qui permettaient aux fans à peine pubères d'idolâtrer un chouchou choisi parmi les quatre (et parfois de haïr les autres, ça s'est vu). Bien sûr, la comparaison s'arrête là. Les Beatles n'ont pas été formés par casting, mais par miracle. Ils avaient du talent à revendre, contrairement aux boys bands. Ils ont passé leur carrière à prendre des risques et à innover, là où les boys bands restaient bien prudemment dans des rivages archi connus et balisés. Les Beatles ont exercé une influence considérable et durable sur la musique.

Aujourd'hui pourtant, j'ai envie de regarder de plus près cet aspect des choses qui a provoqué ce commentaire (les Beatles sont le premier boys band). Il est vrai que les images d'archives des fans, au plus fort de la beatlemania, correspond tout à fait à ce schéma (ce qui n'est pas très glorieux en vérité).
Pourtant, si on regarde d'un peu plus près, on s'aperçoit vite qu'aucun producteur de Boys Band n'aurait osé former les Beatles. Ce casting, comme les chansons, était beaucoup trop audacieux pour sortir de l'esprit d'un marchand, préoccupé par une rentabilité à court terme et si possible garantie.
En vérité, s'il fut un homme pour imaginer les Beatles, bien avant qu'ils ne naissent, c'est Alexandre Dumas, quand il écrivit les aventures des trois mousquetaires.
En effet, le parallélisme est absolument frappant.
Paul McCartney, c'est D'Artagnan tout craché. Un malin, qui sait se débrouiller dans le monde. C'est le héro de l'histoire, celui qui séduit le plus et qui s'en sort le mieux. C'est aussi le talent à l'état pur, et le don de savoir le faire fructifier.
John Lennon, c'est Athos. Le héro caché, le seul vrai finalement. Incapable de compromission, il représente la fidélité aux valeurs. Il est percé au cœur par un drame secret (la mort de sa mère dans le cas de John, la traîtrise de sa femme dans le cas d'Athos). Il est trop sensible pour supporter le monde sans béquille chimique (vin pour Athos, Héroïne pour John). Il est celui que préfèrent les puristes.
Georges Harrison, c'est Aramis. Mystique, discret mais secrètement ambitieux. Séducteur redoutable avec son air de pas y toucher. Il se révèle avec le temps.
Ringo Starr, c'est Porthos. Bien sûr, il n'y a pas la puissance physique. Ringo est le plus petit des quatre, alors que Porthos est un colosse dont les exploits sont dignes des films de super-héros de notre époque. Mais ils ont tous deux la même bonhommie. Une simplicité, une franchise… Et puis, le fait d'être batteur implique cet aspect de force physique. On parle volontiers d'un batteur bucheron.
john Malkovitch dans le rôle d'Athos Le capitaine Haddock
Et voilà que ce casting idéal, que Dumas avec imaginé avec le succès que l'on sait, les Beatles l'ont reproduit par hasard. Des groupes, il y en a eu des tas. À l'époque des Beatles, l'Angleterre regorgeait de combos talentueux. Mais l'alchimie des Beatles fut unique, magique, miraculeuse pour tout dire. Les résultats furent inespérés… et le succès comme l'influence de ce groupe furent plus importants que n'importe quel autre…

On peut retrouver ce schéma chez d'autres personnages célèbres…
Astérix : D'Artagnan
Obélix : Porthos tout craché (d'ailleurs, ils sont tous les deux interprétés magistralement par Depardieu au cinéma)
Lucky Luke : D'Artagnan
Tintin: D'Artagnan mâtiné d'Aramis, le capitaine Haddock occupant quant à lui, l'espace d'Athos et de Porthos.

PS : j'ai déjà écrit sur cette idée rigolote dans le journal Caen-Plus, au début des années 90…

Mise à jour : 3 novembre 2008
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