michel z, Chanteur de Blues > Aventures > Balade à Caen (Béabar et Kactus, le 17 octobre 2008)

Balade à Caen

Que faire le vendredi soir à Caen, quand rien n'est prévu? Même pas un match de foot. Même pas un petit miracle, un krach boursier, un grand soir, une fin du monde, un orage, une remise en question, un règlement de compte, une disparition mystérieuse, un grand retour, un renouveau, un bug planétaire, un nouveau départ.
Rien quoi, c'est calme.
On peut, par exemple, aller boire un coup au Béabar, parce qu'au Béabar, tous les vendredis soir, c'est concert gratuit.
Il suffit donc d'enfourcher un tram, de le mener jusqu'à l'arrêt "Place de la mare", on marche quelques mètres, et on se retrouve dans cet endroit sympathique et chaleureux, plein de tableaux aux murs et de groupes en train de faire leur balance.

Hier soir, c'était Jao.
Je ne sais pas pourquoi ça s'appelle comme ça. Le chanteur s'appelle Joël, le guitariste Alain... peut-être une piste. Je ne sais plus comment s'appelle le bassiste. Quant au batteur, il est plus fraîchement arrivé et il n'est autre que Manu, le batteur des Absolute Beginners! Ça, c'est sympa, et il fait un excellent boulot avec ce groupe, bravo! D'ailleurs, les gars des Absolutes, Patrice et Stéphane, étaient là et c'était très cool de les revoir.

Moi, j'ai drôlement bien aimé. Ils jouaient après "C Dimanche" que malheureusement je n'ai pas vu. Beaucoup de matos, la sono complète avec les retours et tout, dans ce petit bar, ça a commencé par m'étonner. N'empêche, j'avais tort, car c'était bien réglé, et surtout pas trop fort, ce qui est toujours difficile.
Groove parfait et beaucoup de sobriété, notamment du côté du guitariste, ce qui constitue à mes yeux une qualité majeure et très rare. Le bassiste est excellent. Lui non plus ne cherche pas l'esbroufe, mais il stabilise au contraire le groupe. Exactement le rôle d'un bassiste selon moi. Il aide Manu, fraîchement arrivé dans le groupe, disais-je, et le résultat est un groove carré impeccable.
Joël, le chanteur, a un très bon charisme. Il est également guitariste rythmique pour lequel les mêmes compliments doivent être faits. Rigueur, sobriété et perfection du groove (avec les temps forts et faibles à leur place!). J'en ai vu tant des groupes à la rythmique bancale, même des bons, que ça fait toujours plaisir d'en voir qui savent faire avancer la machine. Il n'y a rien de meilleur, la musique c'est ça, et je donne tous les solos de Satriani, Steve Vai, Jimi Hendrix ou qui on voudra pour une bonne rythmique comme celle de Jao.

Un seul regret dans cette affaire, un manque de clarté au niveau du micro ce qui faisait qu'on ne comprenait pas toujours bien les excellentes paroles.
Après cette bonne affaire, je ne rechigne pas à vider un dernier verre au Kactus, entre deux trams (au Kactus, on a vue directe sur l'heure du prochain tram de l'arrêt "Victor Lépine").
J'y rencontre mon excellent ami Gil, le poète. Gil, le spécialiste des acrostiches qui illuminent les murs de mes bistrots préférés.
Gil donc, était passé me voir chez Ross et au Béabar. Il est allé faire un tour sur le site et en a parcouru les pages.
Hier soir, il me voit débarquer au Kactus et me fait sa critique.

Il a beaucoup aimé le site, mais qui aime bien châtie bien, et il fait donc essentiellement deux remarques:

- Pas de droit de réponse et de commentaire.
À l'heure du web 2.0, à l'heure du blog, du web interactif, de myspace et de facebook, on s'attend à pouvoir déposer son commentaire. C'est normal, c'est même la moindre des choses. Et bien sur michelz.com, rien! Que dalle! On a beau chercher dans les recoins et soulever les tapis, pas l'ombre de la queue d'un forum, d'un livre d'or ou quoi.
Du coup, frustration de l'ami Gil qui aurait bien aimé donner son point de vue et commenter les concerts, vus du spectateur. En plus, c'était plutôt pour faire des compliments, alors...
Donc là, moi, je dis, excellente remarque. Cette question du forum est de celle pour laquelle j'ai plus fait débat avec moi-même. J'ai tout ce qu'il faut pour le mettre en place. il n'y a quasiment plus qu'à cliquer sur un bouton, mais je m'y refuse.
En fait, michelz.com est imprégné jusqu'à la moelle du plus absolu égocentrisme. C'est du moi-je à tous les étages. C'en est à un point que je fais très attention à ne jamais employer les expressions du genre "vous voyez", "comprenez-vous", "je ne sais pas pour vous, mais..". Je ne dis pas que ça n'a pas pu m'échapper une ou deux fois, mais normalement pas de ça! Sur michelz.com, il n'y a pas de "vous", il n'y a que du "je". On est invité à prendre ou à laisser cet étalage, ce tartinage, de tout ce qui me passe par la tête. Je pratique la dictature la plus totalitaire sur le rédactionnel.
C'est une des marques de mon désordre mental de parano-dépressif à tendance auto dévalorisation.

Quand on me fait des remarques, c'est dans l'intimité de ma boîte mail, ou de vive voix, comme l'ami Gil. Après ça, c'est moi qui prend ou qui laisse, sans daigner me justifier ou rendre des comptes. Cela dit, pour les fautes d'orthographes entre autre, j'aime bien qu'on me les corrige! (merci Poppins).
- les photos sont massacrées, on ne reconnaît rien.
Exact! Je traite toutes les photos par un filtre qui les rend toutes dégueues. En plus, elles apparaissent en assez petit sur le site (400 par 300). Résultat, on ne voit rien!
Là encore, c'est volontaire et ça fait débat (entre moi et moi, conformément au premier point). D'ailleurs, à une époque, j'avais massacré les photos encore plus que ça, en les mettant en noir et blanc agressivement. Il doit en rester une ou deux comme ça.
Je me dis qu'une photo, c'est une photo. Je connais la valeur d'une illustration sur un article, c'est un droit d'entrée. On lit un article illustré et on passe sur du baratin sans image.
Cela dit, je cherche, conceptuellement, à sortir de tout ce qui, à part ça, fait la valeur d'une photo. C'est un peu comme Lennie Tristano qui interdisait à sa rythmique de swinguer. Ça paraît idiot comme ça, mais en fait c'est d'une puissance extrême. Son batteur et son bassiste jouaient dans un effort permanent de rigidité pour ne pas que ça balance. Comme c'est humainement impossible de tenir ça, de temps à autre, ça swinguait quand même. Dans ce contexte ascétique, monastique, ces moments devenaient des fulgurances à la puissance dix mille. Tristano était un génie intellectuel qui devait être chiant à son tour. Mais j'en fais mon miel.
J'interdis donc à mes photos d'être belles. Je veux qu'on n'y reconnaisse rien. J'espère ensuite les fulgurances comme un joueur attend la balle, on verra bien...

Voilà, une bonne balade à Caen qui m'a permis de voir un bon groupe et d'avoir un bon échange sur la communication web avec un poète. Pas si mal pour un vendredi soir où il ne se passait pas grand chose...

Mise à jour : 18 octobre 2008
Contact : michel@michelz.com